LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

16 mars, 2009

Unmani Liza HYDE

Classé dans : Liza HYDE — inconnaissance @ 14:33

Il y a toujours un risque de rationalisation, d’explicitation, de définition de la Réalisation qui nous la fait aborder de façon incorrecte. Liza HYDE nous invite à enjamber nos certitudes, nos conditionnements à ce sujet. Elle s’adresse à nous avec un aplomb et une affection qui nous la rendent immédiatement extrêmement proche.

I LA SEPARATION

La séparation peut signifier un arrachement, le fait d’être soudain privé, éloigné de quelque chose. On pense aussi à l’état dans lequel nous vivons ordinairement et qui fait que nous sommes séparés les uns des autres, du monde, ou qu’il y a du non-soi pour soi.

Il n’y a pas d’idée de séparation au départ :

 » La vie qui arrive. Rien. Le non-savoir. La candeur. « 

 » Quoiqu’il arrive, cela se manifeste sans que cela n’ait aucun sens ou signification »

Pour qui cela aurait-il un sens ? Il n’y a personne pour se repérer ou se différencier. Il y a une grande fenêtre, mais personne à la fenêtre.

 » Qu’attend-on de moi ? Dois-je jouer leur jeu ? Je ne veux pas, je ne sais pas comment. Quel est donc ce monde de fous où tout le monde prétend être quelqu’un ? « 

Quelle étrangeté, et quelle folie de se prendre au sérieux !

 » Et puis la peur est survenue et avec elle, ce sens de moi ici et les autres là-bas….J’ai naïvement essayé de jouer le jeu des mots, pour survivre dans le monde. Je me suis sentie de plus en plus perdue et le coeur brisé « 

Comment les mots peuvent-ils briser le coeur d’un enfant ?.

« L’impression de l’existence d’un trou béant était ressentie comme une sensation physique et une histoire émotionnelle. «  

Prouesse, prestige apparents de celui qui parle, énonce, qui invente une parole, qui la fait sortir de lui-même. Réalité, intérêt, valeur apparents du sens produit. Affection, admiration ou estime, pour le locuteur ou l’auteur apparent du sens. 

Exister aussi ainsi, se distinguer, s’affirmer. Avoir une opinion pour exister de la même manière que tout le monde. Mais exister de la même manière que tout le monde, c’est entrer en rivalité, attirer l’attention sur soi, comme tout le monde : comme quelqu’un qui sait, mais qui sait mieux que tout le monde. On se sépare pour être comme tout le monde, c’est à dire pour ne pas être séparé. Suprême piège.

On est contraint d’être quelqu’un pour espérer continuer à n’être personne (qui soit à part) . Ou on refuse d’être quelqu’un et on naît « personne » de par cette volonté . Pour ou contre, de toute façon, on est fait ! Solitude, désespoir parfois profonds des enfants arrachés à leur condition première et entraînés à jouer ce jeu faux et vain contre leur conscience.

Vivre séparé :

« La pensée : je fais cela, est fondée sur la pensée ou la croyance : je suis quelqu’un. Dans la croyance en un individu séparé, il apparaît que ce quelqu’un peut choisir de faire ou de ne pas faire «

La pensée d’agir, de juger, de choisir, à elle seule, implique un acteur, un juge, ou quelqu’un qui choisit. Ce quelqu’un, moi, est celui qui agit ou choisit.

« chaque chose qui arrive dans le jeu est soupesée en ces termes : en quoi cela peut-il me toucher ? » En quoi cela rejoint-il ou contredit-il MA vision de la vie ou du monde, mes choix précédents ? La personnalité se constitue. Une personnalité en compétition ou en conflit avec les autres.

« Il semble qu’il y ait un extérieur qui veuille blesser cette innocence que nous présumons intérieure…Parallèlement, il y a une aspiration à un havre de paix, un endroit où nous pourrions cesser d’essayer de nous protéger et juste nous relaxer. La présomption, c’est que cet espace de paix peut être trouvé dans le jeu « (le jeu de la vie. Ndr)

Rêve et quête de la félicité et de l’innocence originelles perdues. Les préférences, les convictions, les opinions, les options font espérer une position confortable mais ils renforcent la séparation et n’offrent qu’un répit précaire, provisoire. Ce quelqu’un, séparé, a pris le pouvoir. Mais il persiste, il espère toujours : « Prétendre beaucoup savoir et, de ce fait, essayer de contrôler la Vie avec des mots et des idées, c’est l’illusion que je peux être en sécurité»

II LES MOTS

Prétention, c’est à dire raccordement à un savoir ou système de valeurs préexistant, plus sentimentalité ou exaltation :

 » Tout ce qui arrive, un bouton de rose qui s’ouvre – et les pensées vont en faire toute une histoire…. l’ordinaire, ce n’est jamais assez bien. Les pensées en font quelque chose de spécial, avec une histoire en plus  »
 » Les mots semblent rendre les choses compliquées et sophistiquées. Ils rendent extraordinaires des choses ordinaires « 

 » Mes parents avaient l’habitude de dire des choses telles que :  » c’était merveilleux, hier, non ? Et de nouveau je me sentais trompée et déconcertée  »

L’innocence ou l’authenticité mise à rude épreuve. Les paroles semblent tellement belles et convaincantes que le sentiment intime d’un enfant s’en trouve facilement écrasé.

« En fait, tous les mots paraissent être d’une telle prétention. Je n’avais pas envie de parler beaucoup, alors que je grandissais, car je ne savais pas à quoi me fier : la connaissance que ma nature était l’innocence complète….ou les mots que les autres prononçaient « 

L’innocence s’oppose aux mots que les autres prononcent. Il y a quelque chose de faux   dans les mots et dans ce qu’on en fait.

Il se trouve pourtant que l’intégrité de l’enfant et sa qualité de conscience mettent à jour cette fausseté :  » Je pouvais voir à travers tous les mots et je sentais qu’ils ne signifiaient rien « 

Pourtant, la sophistication, le succès social des mots, le fait que ce sont les adultes, et les adultes les plus chers, qui portent ces mots, peuvent obstruer durablement, voire définitivement, cette lucidité des enfants à leur égard.

«J’ai grandi en croyant aux mots. J’étais persuadé que les choses étaient telles que les mots le sous-entendaient. J’ai cru ainsi que je pourrais échapper au fait que la Vie était bien plus ordinaire que les mots ne le laissaient paraître. C’est ordinaire, mais d’une beauté absolue que les mots ne peuvent jamais approcher»

Au bout du compte, les concepts deviennent capitaux.
Les concepts que l’on associe, par exemple, au concept d’illumination seraient la vérité. On détient la vérité au sujet de l’illumination. Ces concepts auxquels on est très attaché ne sont pas remis en cause.

 » Nous voulons souvent placer une expérience, ou des gens dans une boîte définissable……. Si une personne apparemment « illuminée » fait quelque chose de non conforme à l’idée de la personne illuminée de la boîte, comme se mettre en colère ou fumer une cigarette, alors le chercheur va se tourner vers un autre enseignant spirituel plus conforme à son idée « 

Nous devenons le sujet des mots, leur porte-parole, leur représentant. Sans eux, la conscience d’un soi individuel ne serait pas. Sans nous, ils perdraient tout pouvoir.

«au bout d’un certain temps, j’ai commencé moi-même à y croire. J’ai cru que j’étais quelqu’un qui avait une histoire et un futur éventuel. J’ai cru que les choses m’arrivaient à moi. J’ai cru que je devais négocier avec le monde extérieur. «

Cependant, pour maintenir la croyance que l’on est quelqu’un, besoin vital et permanent d’agripper un concept fiable qui le confirme. Ce quelqu’un veut se prévaloir, s’autoriser du concept.
« Les pensées et les mots essayent toujours de connaître et de contrôler «

Le sujet est perpétuellement en quête d’un savoir fiable qui soit une garantie d’existence.

«Les mots semblent glisser à la surface de la Vie. Pourtant la croyance dans les mots et les pensées ne semble jamais suffisante. ..les mots sont utilisés pour saisir davantage, mais ils semblent ne jamais pouvoir attraper quoi que ce soit. «

«La pensée continue d’essayer de définir et dit : c’est cela ! Elle reconnaît le silence derrière une pensée et dit : je l’ai. Mais cela passe et la pensée dit : oh non, je l’ai perdu !. Elle se rappelle comme c’était agréable et tranquille et essaye de le recréer par l’imagination.»
La vie ne peut jamais être capturée. Le concept « silence » n’a rien attrapé du tout. On s’est attaché à l’idée du silence tandis que le silence disparaissait.

« La reconnaissance (de sa vraie nature ndr) est un saut au-delà des concepts, au-delà des croyances, au-delà de tout ce qui a toujours été supposé « 

III  LA RECHERCHE

« Chercher repose sur le souhait de quelque chose de plus que simplement ce qui est, le rêve, la croyance vague que tout sera mieux un jour»

 » Tout ce temps où, en apparence, je cherche, il semble qu’il existe un chemin vers une idée imaginée de la réalisation. »

Pour l’instant, la Réalisation n’est qu’une pensée, un concept trouvé ici ou là parmi d’autres  comme Dieu, ou le bonheur. Il est désirable, séduisant car il suppose que quelqu’un est réalisé. Cela pourrait être nous. C’est le sentiment de manque, d’insatisfaction qui nous fait désirer d’être réalisé. Mais la croyance en l’existence de la réalisation nous rend plus insupportables nos difficultés actuelles.

Plus la barre est placée haute, plus le sentiment de manque est intense.

En fait, comme on l’a vu, ce sentiment de manque psychologique, existentiel, qui concerne ce que nous sommes, notre identité, notre nature, est le résultat des mots, du sens. C’est par rapport à des critères utopiques transmis, inculqués par l’entourage que ce sentiment a pris naissance. Sans références à autre chose, pas de moyen de juger ce qui est. Nous cherchons comment atteindre ce bien qui comblera ce manque. C’est le chemin spirituel.

On tient, on croit à cette idée de réalisation, on la chérit ; on vit dans l’espoir (temps, recherche), avec cette idée en point de mire, de trouver le chemin et de réussir.

 » Il y a de nombreuses façons de prétendre essayer d’éviter le non-savoir de ce que je suis. L’une d’elles, est le chemin spirituel…..Le chemin spirituel, c’est le rapport avec l’autorité des autres : ils doivent savoir et moi, je ne peux pas savoir ! …..Tout cela est une très belle histoire, mais elle n’a rien à voir avec ce qui est réellement. Chercher est simplement un jeu auquel on joue, jusqu’à la reconnaissance qu’il n’y a rien à trouver »

 » Chercher, c’est juste une façon comme une autre de garder le masque derrière lequel je me cache de ce que je suis  » Autrement dit : la quête d’un savoir pour ne pas savoir, ou plutôt, pour ne pas reconnaître ce qui est : le non-savoir. La quête ne doit jamais cesser. Maintenir le doute pour continuer la quête.

En effet, le savoir de ce que je suis, c’est cette appréciation négative gratuite, cette comparaison à un modèle. Le non-savoir de ce que je suis, c’est l’absence de comparaison. C’est l’état naturel. Il n’y a manque, que parce qu’il y a autorité. L’autorité est née en tant que porteuse de la référence utopique.

«La maturité, c’est reconnaître qu’il n’y a pas d’autorité; Il n’y a personne qui sait. La vérité est que personne ne sait rien. C’est seulement dans le non-savoir que tout est connu»

Mais : «Le chercheur ne peut lâcher de lui-même»

 » Cela ne peut être compris. Cela ne peut qu’être reconnu. Jusqu’à la reconnaissance, il peut y avoir un effort pour comprendre…..Mais on peut être fatigué d’essayer de comprendre ce qui ne peut jamais l’être. Epuiser l’effort de comprendre peut prendre des années. Parfois, entendre cela une seule fois suffit, ou parfois il y a une reconnaissance spontanée sans aucune relation apparente avec un événement de l’histoire « 

 » Rien ne provoque la reconnaissance. La reconnaissance est la fin de la croyance en l’histoire « 

La réalisation ne peut être trouvée puisque toute idée de la libération est la non-libération. Elle suppose que l’on s’affranchisse de toutes ses connaissances sans se servir d’aucune connaissance.

Tant qu’il y a savoir, repères, dans jeu de l’existence, il y a un chercheur.

 » Le chercheur essaie de trouver sa vraie nature, pensant qu’il est possible d’obtenir une réponse dans le jeu lui-même  »

Que peut-il obtenir à l’intérieur du jeu ?

 » La nature de l’organisme corps/esprit est d’être insatisfaite….Le corps/esprit ne parviendra jamais à un état de satisfaction permanente. C’est sa nature. On ne peut rien y faire. Il est vivant « 

 » Tout ce que j’essaie de faire est une tentative pour satisfaire l’organisme corps/esprit. C’est également ce qu’est la recherche spirituelle. Elle semble être une approche plus sophistiquée, mais c’est en fait la même chose « 

 » Avec la reconnaissance que rien ne peut satisfaire le corps/esprit, vient la réalisation qu’il n’y a plus d’espoir (d’être satisfait en tant que chercheur déterminé par le jeu. ndr), et plus de croyance en quelqu’un de séparé qui vive dans le corps (qui serait différent du corps-esprit par sa permanence et pourrait soit agir efficacement, soit être toujours satisfait ndr) , et qui puisse faire quoi que ce soit pour modifier ce qui arrive ( et faire que ce ne soit plus décevant) »

Rien n’est permanent au niveau du corps/esprit. Il n’existe aucune réalité ou entité permanente qui pourrait être satisfaite de façon permanente dans le corps ou l’esprit. Le chercheur ne trouvera pas sa vraie nature.

 » Il semble que je ne suis pas fidèle à moi-même, quand je m’adapte aux situations ou aux personnes. Mais c’est le jeu de la Vie, toujours dans le changement et le jeu. Il n’y a pas de personnage constant, pas de personnage consistant. Il n’y a pas de soi consistant auquel on reste fidèle. Il n’y a que la Vie qui connaît chaque rôle  » Personne, pas de soi constant qui serait inconstant.

 » Je peux essayer d’être plus authentique, ou plus méditatif, mais tout cela fait partie du jeu. » Plus authentique, plus méditatif, ce sont toujours des trouvailles de la pensée, de nouvelles normes qui confortent l’idée de manque et le chercheur.

Jeu des concepts et des sujets des concepts à l’intérieur d’un système culturel.

IV  L’INNOCENCE

L’innocence s’oppose à la culpabilité ou à l’implication. Il faut donc que quelqu’un soit coupable ou impliqué.

Nous avons vu précédemment que la recherche est la conséquence d’un jugement, d’un prétendu savoir évaluatif sur ce qui se passe. Un savoir suppose, hélas, un détenteur du savoir. Et le détenteur du savoir existe à travers son savoir, grâce à son savoir. Dépendant de ce savoir, il lui faut en assurer le suivi, il lui faut le défendre, l’entretenir, le représenter.

 » Ils (les adultes ndr) semblent dépendre de vieilles croyances et de vieux concepts à cause de l’illusion de sécurité qu’ils procurent. Enfant, je voyais à travers tout cela et me sentais perdue et confuse « 

 » J’étais tellement desespérée et vide. Je sentais que rien n’avait de sens, que tout était insignifiant « 

Nous pensons que ce vide béant creusé par la croyance que l’on est quelqu’un est dû au fait qu’il nous manque quelque chose, un savoir particulier, alors que c’est cette croyance qui crée ce manque en nous . Nous croyons au jeu. Nous cherchons dans le jeu .

Quand ce savoir n’en est pas un, (et il n’en est pas un) quand il n’est qu’un jugement, un parti-pris, une conviction, quand il a été adopté simplement par soumission, par fidélité à ceux qui nous l’ont transmis, par amour pour eux, la défense de ce savoir devient éprouvante, désespérante. Et le détenteur du savoir se désespère

« J’ai pensé que je serais capable de combler ce vide ou sentiment de perte avec quelque chose du jeu……Je cherchais ce qui manquait, la pièce du puzzle qui remplirait ce vide et ferait disparaître la peine  »

 » Cela ne peut pas être une recherche infinie. Je sais que ce n’est pas cela  » Mais il faut pouvoir s’arracher à ce mouvement général consensuel, à cette supposée communion délétère, à ce cercle vicieux des pensées.

«Les pensées travaillaient très dur pour trouver la solution».

La libération est une démystification de ce faux savoir et son abandon ainsi que la reconnaissance de sa vraie nature :

 » C’était en fait la reconnaissance du caractère tout à fait ordinaire du non-savoir, mais avec elle, il y avait une relaxation et un tel soulagement par opposition au désespoir de la recherche. Il était évident que ce qui était montré, était vraiment ce que je suis. Je l’avais toujours su, mais j’avais toujours prétendu ne pas le savoir. Je m’étais tellement habituée à ne pas le voir, car c’est toujours là, en arrière-plan du jeu de la vie.  »

 » L’innocence que je suis a toujours été, même quand elle semblait méconnue « 

Non-savoir ordinaire et inexistence de tout sujet du savoir agissant ou décidant :

« J’ai toujours eu le sentiment que tout cela était faux, que je jouais un rôle, mais en réalité ce que je suis, c’est ce qui connaît le jeu. Ce que je suis n’est jamais touché et n’a jamais été touché, quoi qu’il advienne «

«Il n’y a jamais aucun choix. Le choix est un concept reposant sur l’idée qu’il existe un individu séparé qui peut choisir «

« Qui possède cette pensée ? Qui possède ce morceau de fromage ? Qui possède cette image du corps ? Qui possède cette émotion ? Chaque chose se produit sans appartenir à quiconque, sans aucun sens ou signification, l’impersonnalité absolue «

«Dans la Vie, il n’y a jamais rien que je puisse mal faire. Il n’y a jamais le besoin d’essayer de rendre quoi que ce soit juste. Les mots seront toujours faux «

«Il n’y a personne dans le corps, il n’y a personne dans le monde»

V  LE NON-SAVOIR

Qu’avons-nous besoin de savoir à notre sujet ? Existe-t-il un savoir qui nous permettrait d’être heureux ou réalisé ? Que peut-on trouver exactement ?

«J’avais l’habitude de croire que je devais savoir. J’avais l’habitude de croire que si je ne savais pas, c’est qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas chez moi. Il me semblait que les autres savaient, mais pas moi» Tout le monde en effet semble en quête de savoir. Chacun est fier de montrer ce qu’il sait et d’exister à travers son savoir.

«La Vie n’est jamais possédée par quelqu’un, aussi illuminé soit-il»

 » Toute expérience, toute pensée, toute émotion, toute sensation, toute apparence ne sont qu’un rêve. C’est la même chose que le rêve qui surgit dans le sommeil, la nuit « 

 » Je pourrais appeler chacune d’elles, pensée : la pensée-sensation, la pensée-émotion, la pensée-imagination, la pensée-image, la pensée-expérience. Ce ne sont que des pensées qui vont et viennent  »

 » Elles (les pensées ndr) naissent du néant et retombent dans le néant. En réalité, elles ne sont rien, apparaissant comme tout ou chaque chose, dans un jeu avec elles-mêmes « 

En fait, le savoir est l’objectif, la raison d’espérer, mais c’est aussi la seule et unique raison de chercher. Le savoir cherche le savoir via le chercheur.

La recherche et le chercheur n’existent que dans le jeu. La recherche et le chercheur sont une invention du jeu.

«Chercher est simplement un jeu auquel on joue jusqu’à la reconnaissance qu’il n’y a rien à trouver»

«Chercher, c’est juste une façon comme une autre de garder le masque derrière lequel je me cache de ce que je suis»

«Le chercheur essaie de trouver sa vraie nature, pensant qu’il est possible d’obtenir une réponse dans le jeu lui-même. Le chercheur essaie de trouver le non-trouvable dans le trouvable. Il est impossible de le trouver, puisqu’il est ce qui prétend se chercher. Ce n’est rien de spécifique, c’est spécifiquement chaque chose y compris le chercheur lui-même…Chercher est la Vie qui joue à se chercher elle-même»

 » il fut reconnu que tous les doutes, la confusion, l’arrogance, l’accusation, et toute chose, c’est aussi ce qui est (c’est la pensée-doute, la pensée confusion etc des pensées qui vont et viennent. ndr). Il n’y a pas de séparation. Il n’y a pas une partie qui est et une autre qui n’est pas ( Il n’y a pas de distinction, de différence à faire entre tout cela. Il n’y a pas une pensée qui soit plus vraie). Il n’y a jamais eu quelqu’un de séparé qui soit arrogant ou non ….. Il était vu qu’il y avait en fait, seulement de l’arrogance (comme perception isolée parmi d’autres) en même temps que l’humilité la plus totale. Mais la croyance en quelqu’un qui posséderait cela, ( à qui se rapporterait l’arrogance) était complètement tombée, et avec elle, disparaissait toute confusion et toute notion d’effort pour devenir. Il n’y avait pas d »événement marquant, de moment spécifique, mais une sorte de dissolution des croyances et des présomptions »

«Ce qui connaît tout est le simple et innocent non-savoir. La liberté de n’avoir jamais besoin de savoir»

VI  LE RIEN EN TANT QUE TOUT

«La Vie vit en tant que perceptions uniques dans le jeu. Chacune est absolument seule. Pour chaque perception, les autres n’existent pas»

Pour le connaisseur, chaque perception (pensée perception, pensée-sensation, pensée-émotion etc) est isolée des autres. Le connaisseur correspondant est également isolé.

Pourtant :

«Dans la perception, il y a un corps/esprit qui souffre d’un sentiment de perte. Il essaie de trouver dans la perception quelque chose pour combler ce sentiment de perte. Cela continue jusqu’à ce qu’il soit finalement reconnu que ce manque ne sera jamais comblé par quelque chose de la perception «

Le connaisseur est également séparé de la connaissance. Il cherche la connaissance qui lui permettrait de ne plus être séparé.  

 » Cela ne fait aucune différence pour la Vie que la pensée :  » je suis un individu séparé  » soit assumée ou non. La Vie continue à se rêver elle-même. En fait, ce qui se passe dans le rêve ne fait aucune différence dans la Vie. Il ne s’agit toujours que d’un rêve. Le personnage joue un rôle, tout peut arriver et c’est toujours la Vie « 

Supposons : nous faisons un rêve. Le personnage du rêve croit avoir des perceptions, des émotions en rapport avec l’action, la scène du rêve. Le personnage pense : je. Il croit être quelqu’un qui ressent, pense et décide. Et puis, le rêve (toute cette conscience) disparaît avec tout ce qu’il contenait.

Un peu plus tard ou la nuit suivante, il peut y avoir un tout autre rêve. Le personnage est différent du précédent, mais il croit toujours que les choses lui arrivent à lui. C’est une autre conscience ou expérience.

A l’état de veille, nous avons des perceptions, émotions en rapport avec les situations. Nous croyons toujours être quelqu’un à qui cela arrive, quelqu’un de responsable qui choisit. Les états de conscience se succèdent. Le personnage pense : je.

Chacune de nos expériences ou perceptions ignore toute nos autres expériences ou perceptions. Elle est coupée des autres. Aucune entité permanente ne relie ces perceptions ou moments de conscience successifs. Et chacune de nos expériences ou perceptions ignorent aussi celles des autres personnes.

«Je suis absolument seule. Il n’y a personne d’autre»

«La Vie joue à être un personnage. Le personnage est joué. Il n’y a aucune illusion de contrôle. Il n’y a que la vision de ce qui arrive  »

 » Quoi qu’il arrive, cela se manifeste sans que cela n’ait aucun sens ou signification, comme pour l’enfant. Chaque chose est unique et nouvelle. C’est une vie de surprise de tout ce qui arrive.»

« Tout ce qui est, est cette perception. La perception n’est pas possédée par quelqu’un ou par un corps/esprit…Tout ce qui est perçu, apparaît dans la perception»

Nos expériences ou nos perceptions, notre rapport au monde n’existent pour personne, pour rien. Ils n’existent que pour eux-mêmes. Ils sont en suspension dans le vide. Il n’y a que cela

« La perception unique et ce qui perçoit sont un»

«Celui qui perçoit est la Vie elle-même. La Vie perçoit tout le jeu»

«L’amour inconditionnel ne s’intéresse pas à ce qui se passe dans le jeu. Il n’est pas intéressé de savoir si le personnage ressent de l’amour ou de la haine. Il n’est pas intéressé par les apparentes atrocités commises. Il n’est pas intéressé par le fait de savoir si vous donnez de l’argent aux associations caritatives…La bonté peut se révéler tout comme l’amour, mais cela ne signifie rien. C’est la Vie qui se révèle. Rien signifie toute chose « 

«En fait, tout le sol s’est dérobé et je tombe. Il n’y a personne. Il n’y a personne. Personne ne peut décider de méditer ou d’arrêter de penser. Personne ne peut décider d’exprimer ses émotions ou d’arrêter de juger . Même si j’avais accompli toutes ces choses, elles n’auraient rien à voir avec la reconnaissance de ce que je suis»

«Il n’y a que le vide absolu. Le vide est également un plein absolu et débordant. Il n’y a pas de limites au vide. Il n’y a pas de limites au néant absolu. Il n’y a pas non plus de limites à la plénitude de chaque chose en tant que rien. Connaître cela, c’est la liberté au-delà de toute restriction apparente. Connaître cela, c’est la liberté ordinaire et naturelle de ce que je suis « 

Voir son site en anglais : http://www.not-knowing.com/index.htm

Une video sous-titrée -->  ici

…..A suivre
————————————————————————————

 » Tout ce que j’ai appris, tout ce que j’ai pensé, tout ce que j’ai su, j’y ai cru, j’en ai fait ma propre substance imaginaire, j’en ai fait la substance de mon moi, j’en ai fait l’objet fantasmatique de mon moi, j’en ai fait mon moi-objet. Voilà que tout cela a perdu pour moi toute réelle crédibilité en dehors d’une valeur de pure convention, voilà que mon moi-objet a disparu » (NAN-SHAN .- Au Sud des nuages .- Ed. Les Deux Océans)


1...141142143144145...151

CGT-Energie Anjou 49 |
Bella et le syndrôme " BALBOA" |
Jeunes dans la ville |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Pensée..!?
| targuist
| Gabon, Environnement, Touri...