LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

25 mars, 2009

PENSER CONTRE CE QUI EST

Classé dans : Ce qui est — inconnaissance @ 11:22

Notre tendance fondamentale, irrépressible est de fomenter des objets de pensée. (Images, jugements, sens) C’est notre respiration mentale. Quand on veut aller contre cette tendance, on se crée un nouvel objet de pensée qui est : «ne pas céder à cette tendance».

Il n’y a rien que l’on puisse faire. C’est en dehors de notre volonté et toute volonté aggrave le problème.

La conséquence principale de ce processus, c’est que nous vivons dans un monde fictif, illusoire. La pensée va contre ce qui est. C’est tout le sens et tout l’intérêt de la méditation. Qu’est-ce que la méditation ? Rien.

« Vous n’avez pas besoin de quitter votre chambre. Restez assis à votre table et écoutez. N’écoutez même pas, attendez simplement. N’attendez même pas, restez tranquille et solitaire. Le monde s’offrira librement à vous pour être démasqué. Il n’a pas le choix. Il se roulera en extase à vos pieds « (Frantz KAFKA)

« Ce qui est » met en lumière l’irréalité des objets de pensée et inversement, la pensée nous éloigne de la conscience de ce qui est.

La pensée va contre ce qui est parce que les objets de pensée sont toujours intrinsèquement irréels. Et il est extrêmement instructif d’examiner le rapport, l’écart qui existent entre l’objet de pensée en tant que tel et ce qui peut être expérimenté.

L’ image d’une personne à laquelle nous pensons dit-elle des choses que nous entendons avec nos oreilles ? Sait-elle ce que nous faisons ? Eprouve-t-elle des sentiments ? Combien pèse cette image ? Va-t-elle mourir de faim si nous ne la nourrissons pas ?

Cette image n’est pas vivante. Une image ne souffre pas, n’aime pas.

Pouvons-nous boire le verre d’eau que nous nous représentons, nous déplacer avec l’image de notre automobile ? Les images des choses et personnes sont vraiment, en tant que telles, irréelles. L’image de Dieu, de notre maître à penser ou maître spirituel favoris sont irréelles en tant qu’éléments de la seule pensée.

Les personnes, les choses, les événements de nos pensées ne sont pas des personnes, des choses, des événements réels. Ils ne sont pas de même nature. Ils ne possèdent aucune des caractéristiques ou qualités que possèdent les personnes, choses, événements réels. C’est de l’imaginaire.

Les jugements, les opinions à propos de ces objets imaginaires ne peuvent convenir aux personnes, choses ou événements réels.

Le jugement, l’idée ou l’opinion que nous formulons en pensée concernent-ils une personne, un événement, une chose réels, une expérience, ou une image de personne, d’événement ou de chose ? Il est évident qu’en absence de cette personne, de cet événement ou de cette chose, dans le cadre de la pensée, le jugement concerne une image de personne, événement, ou chose. Donc il est, lui-même, illusoire.

Nous pouvons bien, nous le savons pourtant, imaginer, penser tout ce que nous voulons à propos de ce qui nous plaît, ce n’est pas cela qui fera que les choses seront comme nous les pensons.

Les objets de pensée sont absents et le restent. Quand bien même  un objet de pensée – personne, chose, événement – serait présent, pour le penser, il faut prendre congé de l’objet présent.

Se quereller, voire plus, à propos d’objets irréels, d’objets de pensée que personne, jamais, n’a expérimentés est tellement comique ! Mon pauvre monsieur, même si vous arriviez à me convaincre que nous avons une âme, ce n’est pas pour autant que je me mettrais à en avoir une si je n’en ai pas.

 » …des singes qui, comme les hommes, sont capables de se battre pour des bananes, mais seulement s’il y a des bananes, alors que les hommes peuvent se tuer pour ce qu’ils ont construit en imagination et ont, par la suite, absolutisé » (Ken MAVERICK .- La fracture de l’Être .- Ed. Les Deux Océans)

Nous en restons souvent avec des objets de pensée irréels, sans jamais les vérifier, les expérimenter car nous ne saurions les trouver, les rencontrer. Il y a tellement de choses qui n’existent qu’en tant qu’idées ou images. Tout ce que nous faisons, c’est vivre, ressentir, aimer une image irréelle.

La seule référence possible, la plus fiable qui soit, c’est soi en tant que conscience et tout ce qui en fait partie car il n’y a pas de désaveu, de déni possible de soi par soi, ou de la conscience par la conscience, pas de connaisseur ou d’expérimentateur plus réel que soi ou la conscience, ou pas de meilleur accord que la conscience avec la conscience.

La conscience est étrangère à l’irréalité. Elle ne peut prendre l’image d’un yéti pour le yéti ou l’image d’un ange pour un ange. Elle ne rentre pas dans le jeu et les pièges de la pensée. La conscience ne pense pas. Elle n’a pas besoin de penser. C’est simplement ce qui est, tel que cela apparaît, ni plus ni moins. En revanche, toute pensée dépend d’un système précaire, de présupposés non démontrés.

Qu’avons-nous à portée de conscience ?

La conscience, c’est ce qui est ici et maintenant. Les perceptions, maintenant, les sensations, maintenant, les émotions, maintenant, la conscience de penser, maintenant, la conscience des images de la pensée, des jugements pensés, maintenant.

« C’est seulement quand vous découvrez ce qui est qu’il vous est possible d’y demeurer»  (Gary CROWLEY .- D’ici à ici .-Ed. Le Lotus d’Or)


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