LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

20 juin, 2009

EXPATRIATION

Classé dans : Je — inconnaissance @ 8:06

D’abord personne. Perceptions, choses, phénomènes tous équivalents, pour personne. Simplement, ils existent. Ils pourraient ne pas exister, ils sont sans raison. Etrangers. Inconnus.

Conscience impersonnelle et c’est tout. Personne n’est conscient.

Voir —>  ici

Peut-on appeler conscience cette absence de conscience de soi, ce vide ?

Et puis une succession de signaux tous dirigés vers un seul point du vide de la conscience. Signaux fortement empreints d’affects, de désirs, de sens.

Pilonnage constant, insistant qui ne lâche pas son objectif ou sa cible : toujours le même point, le même centre de la conscience impersonnelle. Car la pensée, toujours, vise, se concentre.

Les signaux déclenchent notre activité mentale.

Un sens s’esquisse en rapport avec  ces signaux, une conscience imaginaire du centre visé par ces signaux se forme par intermittence.

De quoi traite ce sens ? Souvent du centre, du point visé. Ces signaux ou messages ont pour objet : le supposé centre.

Nous prenons en considération les messages de l’autre en même temps que leur attendu : l’idée d’un centre. Cette idée s’installe en prenant le sens qui lui est donné.

L’idée d’un centre ne vient pas de soi. La façon de penser ce centre ne vient pas de soi. Il n’y avait rien. L’initiative, la demande, le sens viennent de l’adulte. On comprend pourquoi l’idée et la nature de soi viennent des autres.

Ce centre n’est pourtant que le produit de l’imagination, du désir, de la pensée de l’adulte.. Il n’est justifié par aucune perception ou expérience (ce n’est que la projection d’une idée)

Si l’enfant se pense, c’est donc uniquement sur la base de ces messages.

Même si ces affects sont son ressenti des affects, même si ce sens est sa compréhension du sens, même si ce désir est son interprétation du désir, même si tout se passe dans sa conscience selon sa nature, les affects, le sens, les désirs sont vus comme étant ceux de l’autre.

On attribuera toujours la paternité de ses pensées sur soi à l’autre. On aura toujours le sentiment, en se pensant, d’exprimer le point de vue de l’autre, de s’appuyer sur une vérité amenée par l’autre.

Tout repose donc sur l’adhésion aux pensées suscitées par l’autre et attribuées à l’autre.

Il n’y avait rien, rien à savoir, personne qui sache. Avec la relation, la communication, commence la prise en compte de ce que veut l’autre.

La préservation et la valorisation de l’idée d’être en relation avec l’autre au sujet de soi sont capitales. D’où l’énorme importance de la relation, de la communication pour le je et toute la mythologie autour d’elles dans la société. C’est le seul espace où le je est mobilisé et reçoit du sens. C »est son unique fonction : renvoyer au supposé autre sa propre image, son propre reflet, son propre objet.

Cette idée d’un centre est gratuite et les discours à son sujet un pur roman sociétal. Le sujet n’est qu’un je(u) inventé par la société.

D’où l’impossibilité d’être je, d’où la comédie permanente dont parle Liza HYDE :

«Il semble que je ne suis pas fidèle à moi-même, quand je m’adapte aux situations ou aux personnes. Mais c’est le jeu de la Vie, toujours dans le changement et le jeu. Il n’y a pas de personnage constant, pas de personnage consistant. Il n’y a pas de soi consistant auquel on reste fidèle. Il n’y a que la Vie qui connaît chaque rôle.» (Je suis la Vie même .- Ed. L’Originel)

ou Tony PARSONS :

« Vous prétendez être cette personne et prenez ce jeu tellement au sérieux que vous en oubliez que vous faites semblant – et la supercherie devient tout….(..)…vous faites semblant d’être assis ici à me regarder en essayant d’en tirer quelque chose» (Tout ce qui est .- Ed. L’Originel)

Nous faisons toujours semblant d’être celui que nous croyons que les autres connaissent.

Considérez tous les concepts qui tiennent tant à coeur à tous ceux qui parlent de l’homme et lui proposent des valeurs ou lui suggèrent des orientations. Choisissez un concept qui vous plaît, vous convainc – l’élan de CYRULNIK par exemple – adhérez-y. Voyez que vous faites des projets, que vous vous projetez, que votre envie d’agir croit, que vous vous sentez exister à travers cette conviction. Sujet du sens.

Mais à l’instant même, à qui apparaît ce sujet plein de bonnes intentions ? Maintenant, quel rapport existe-t-il entre ce sujet et votre totalité ? Maintenant, qu’est-ce que c’est que ce sujet ?

Si ce concept ne vous convient pas, prenez-en un autre. Il y en a des millions. Autant de raisons d’espérer, de faire des plans, de se penser. Et il y a des milliers de gens qui vous vantent les leurs, qui vivent de votre espoir de trouver votre voie, votre vérité, votre salut etc dans des mots ou qui le suscitent.

Revenons à l’état naturel.

Nous avions toujours cru au je dans la mesure où il était entendu pour nous qu’il était connu des autres, ou que les autres et nous pensions au même je. C’est à dire que la pensée-je était fidèle à la connaissance du je par les autres.

C’est ainsi que notre existence en tant que je était garantie par les autres.  C’était, pensions-nous, une conscience commune.

Mais ce que nous croyons ou pensons être, notre conviction la plus intime et la plus profonde à ce sujet, n’a jamais existé et n’existera jamais pour les autres. Notre idée du centre n’était qu’une idée attribuée aux autres. Or cette idée attribuée aux autres n’existe pas chez eux.

Ce que nous croyons être est absent du monde. Il était inutile de s’en soucier.

Pas de je dans le monde. Il a disparu. Et ça ne change rien, il en a toujours été ainsi. La terre ne « nous » a jamais connus.

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