LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

14 février, 2018

VENI CREATOR

Classé dans : Esprit — inconnaissance @ 10:34

La pensée est-elle un oiseau qui prend son envol ? Commence-t-elle par être sur terre pour finir par être complètement aérienne ? Commence-t-elle par faire partie de la nature pour devenir surnaturelle et ne plus dépendre de la nature ? Mais même les martinets ou les albatros doivent se poser tôt ou tard. Cette pensée en question est-elle un phénomène naturel , avec des causes naturelles, ou est-elle surnaturelle ? Et quand on se démène pour une belle idée générale, quand on la sert, quand on disserte à perte de vue sur la liberté, l’égalité et la fraternité, s’agit-il de pensées ou d’idées naturelles ou surnaturelles. ?

A tout le moins, il s’agit de pensées qui ignorent l’individu qui les exprime, il s’agit de pensées transcendantes. On disserte à perte de vue sur la liberté , sans se demander : la liberté de qui et de quoi, ce qui permet de restreindre les libertés effectives et de contraindre toujours un peu plus les individus. On disserte à perte de vue -il y a des artistes pour cela – sur l’égalité, elle aussi transcendante, et non seulement on n’abolit pas les privilèges, mais on en invente, on invente de nouvelles discriminations, bien réelles celles-là . On amuse la galerie avec la fraternité, si émouvante, si prometteuse, mais on traite les hommes comme des objets ou comme de pures fonctions intellectuelles (ou autrefois physiques)

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Et alcooliques en plus, sans doute

En fait c’est pour regarder au loin, confortablement, pas ici, pas maintenant et en général.

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De quelle liberté, de quelle égalité, de quelle fraternité s’agit-il alors ? D’où est-ce que ça sort ? Il y en a qui en parlent beaucoup, probablement ceux qui restreignent les libertés, pratiquent la discrimination, traitent les individus comme des objets.

C’est très différent, c’est très lourd de conséquences selon que l’on considère que les pensées sont des secrétions des neurones, un produit du fonctionnement de notre cerveau ou de l’organisme , ou qu’elles peuvent venir de Dieu, d’un Esprit supérieur, d’une Vérité transcendante ; selon que l’on considère qu’elles trouvent leurs causes dans la nature ou qu’elles ont une origine surnaturelle. Car si elles sont naturelles et ont des causes naturelles, elles n’auront jamais une portée et une nature spéciales, extra-naturelles. Ce n’est pas du matérialisme pur et dur, cela signifie simplement que la pensée n’a pas une nature différente de celle de l’homme, elle lui doit totalement sa nature, qu’il soit simplement de la chair ou plus que cela. (d’où la lutte impitoyable pour imposer une vision de l’homme)

Qu’est-ce qu’une grande idée, une idée profonde ? Qu’est-ce qui la caractérise ? Pourquoi est-elle si supérieure ? Que veut dire grande ou profonde ?. C’est vite dit. Trop vite dit.

Les neurosciences vont-elles jouer à l’égard de la pensée le rôle qu’a joué l’astronomie pour l’univers : on a beau scruter, on ne voit Dieu nulle part.  

Quoi de plus inconfortable que d’être assis entre deux chaises sans pouvoir s’asseoir sur l’une ou sur l’autre.L’une des chaises, c’est la conscience de soi, maintenant, l’autre chaise c’est l’image de soi, l’autre soi que soi présent dans nos pensées, et que notre culture et notre religion nous ont inculqués et présentés comme un objectif à atteindre, comme le vrai soi. On ne se contente pas de la première chaise, elle n’est pas satisfaisante quand on la compare à la seconde, plus haute, plus confortable. Mais on ne se contente pas non plus d’une image, aussi enviable soit-elle, on sent bien qu’il lui manque beaucoup de choses pour être vivante et suffisante. On voudrait être cette image tout en étant soi-même. Elle nous fait baver d’envie, mais on ne veut pas renoncer à soi – à juste titre d’ailleurs ; On n’est pas des bons chrétiens. On ne le sera jamais.C’était un truc pour nous pourrir la vie.

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On peut constater que les pensées ne sont pas vues comme des phénomènes résultant du fonctionnement naturel de notre organisme. Si notre vie mentale ou notre vie tout court étaient vues comme un processus, comme n’importe quel phénomène naturel, on serait soulagé d’un grand poids, on accepterait même l’idée que HITLER, STALINE POL POT, PINOCHET et autres n’aient jamais été condamnés sauf éventuellement par les hommes, ni punis. Et ce qui est fait est fait. Non, on imagine une cause à nos pensées, une sorte de créateur  : le penseur. Mais le penseur est lui-même une pensée, la pensée de la cause. En effet, des pensées qui passent et qui jamais ne s‘imposent, des pensées simples phénomènes, n’appellent pas l’existence d’un créateur ou d’un auteur. Elles sont le résultat d’un fonctionnement qui ne dépend pas de nous. Or la cause en question serait première. Incroyable si on réfléchit bien !

Si penseur il y a, la pensée n’est pas un simple phénomène, derrière elle, un penseur la crée, l’anime - un esprit , ne rigolez pas, c’est un vrai esprit. Le penseur doit être à la mesure de sa pensée, de même nature que la pensée. Or il s’agit souvent d’idées générales, de pensées abstraites, traitant de qualités essentialisées. Si penseur il y a, comme la pensée est spirituelle, transcendante, le penseur aussi est surnaturel, transcendant.

Le penseur c’est moi si j’adhère à mes pensées, si je me pense avec ces pensées .C’est facile : le penseur était déjà une pensée. Ou le penseur, c’est l’autre dans les mêmes conditions. Donc pensées et penseurs prennent une dimension spéciale, toute spirituelle, immatérielle, qui n’a plus rien à voir avec le fonctionnement d’un organisme. On imagine un esprit, libre de faire le mal dans les dictateurs sanguinaires ci-dessus.

Vision métaphysique de la vie, quête de la Vérité etc il serait impie de vivre au rythme de ses propres états et phénomènes de conscience, sans leur donner plus d’importance, de valeur ou de portée. que cela sachant qu’ils sont passagers et relatifs.

C’est votre pensée qui vous dit que vous êtes admirable, bien, beau ou méprisable, détestable, mauvais, (qu’est-ce que c’est la beauté, la « bravitude » ?) c’est votre pensée qui vous dit que vous faites partie de telle catégorie morale, sociale etc c’est elle et seulement elle (bien sûr qu’on ne naît pas femme, qu’on le devient… quand on se pense, et on se pense à l’aide d’une culture. C’est la raison pour laquelle une fillette de 4 ans ne cherche pas à devenir une vraie femme et un chat, un vrai chat. Mais quand on ne se pense pas, qu’est-ce qu’on est? Contrairement à ce que certains croient, le nominalisme ne nie pas qu’il y a un réel au-delà de cette connaissance, sinon comment la science serait-elle possible. Pour le nominalisme, il n’y a de réalité que dans les objets des sens, tels que les sens nous les présentent ;..Il n’y a pas de définitions par concepts comme le rapporte cosmovision Toutes ces qualités-là sont définitivement immatérielles en même temps que générales et transcendantes.Pour utiliser ce genre de mots qui ne se rapportent à rien de ce qui fait partie du monde sensible et périssable, il faut bien qu’ils pré-existent, il faut qu’ils soient généraux, indépendants du contexte. Donc ce qu’ils désignent – fantomatique, surnaturel -  préexistait aussi et nous dépasse. Et le penseur aussi est bien plus que nous. Si on colle ce genre d’abstraction sur quelqu’un, l’effet est immédiat :

Il se présente comme un esprit trop général, et trop immatériel pour n’être que la personne qu’on voit, entend, et comprend. Cette façon de voir nous interpelle, nous incite à nous hisser au même niveau, à nous doter des mêmes dimensions. On se pense avec ce genre de pensées-là et on tombe dans le piège de la désindividualisation. Le dialogue se place dès lors à un niveau abstrait. Les lieux communs, les idées reçues, les poncifs, mais du genre spiritualisés moraux ou sociaux sont efficients. On s’en autorisera pour nous mener par le bout du nez.

« Marguerite YOURCENAR : tout bonheur est une innocence » (FC) Comme c’est vrai ! Comme c’est beau ! Bon alors pour le bonheur innocent voir du côté de YOURCENAR. Qu’est-ce qu’on en dit ? On en dit que si on commence à parler de bonheur en le mettant en rapport avec l’innocence, le bonheur que l’on peut éprouver va se sentir tout petit voire louche si l’innocence n’est pas claire . Il aura des comptes à rendre.Idem «  Le langage est une peau, je frotte mon langage contre l’autre «  Roland BARTHES. Il doit bien y avoir moyen d’illustrer cela dans une dissertation. Planchez, vous avez 3 heures ; Un professeur de philosophie corrigera votre copie. Ce serait encore mieux si c’était mon langage , ma peau (ou son image) et si j’avais expérimenté cela. Eh oui, parce que de deux choses l’une, ou bien le bonheur comme innocence et le langage comme peau sont des esprits transcendants, des pensées surnaturelles dont il faut souhaiter qu’ils nous visitent, ( Viens en nous, Esprit Créateur Visite les âmes des tiens  Emplis de la grâce d’en haut , les cœurs qui sont tes créatures « ) ou bien cela renvoie à l’expérience intime de ces deux écrivains, mais eux, c’est eux, et nous c’est nous.

On est victime des esprits transcendants en lesquels on croit, qui s’adressent à nous à travers l’autre et que l’on vénère : l’esprit de l’Homme ou de l’Autre dont on a fait une religion, l’esprit d’un certain nombre de concepts de valeur de quelque nature etc. Et comme cette croyance est très répandue , comme ces esprits sont des lieux communs, l’autre peut parler en leur nom pour faire de nous un enfant de Dieu, un citoyen, un humaniste, un Parisien, un patient (le médecin s’occupe-t-il d’un corps ou d’autre chose ?) , un mari, un père etc. Avez-vous déjà vu un père, un citoyen ou un chrétien traverser la rue ? Non, vous n’avez vu, votre sens de la vision ne vous a permis de voir, que des individus particuliers traverser la rue. On oublie donc que cet autre que l’on envisage comme un esprit à l’oeuvre, ne fait qu’utiliser les connaissances qu’il a reçues, que ceux qui le connaissent bien ne l’idéalisent pas, que dans d’autres circonstances, on en aurait fait autant… Il n’est que lui-même. Non, on veut croire que les pensées de l’autre ne sont pas des pensées de ce simple individu que l’on a en face de soi, que ce n’est pas un processus organique en cours, ce sont des pensées issues d’un esprit qui dépasse l’autre. Et voilà une fonction sociale quelconque qui voudrait en plus être missionné par un esprit de ce genre  et qui n’entend pas que l’on se dérobe à son projet . Parce qu’à partir d’un certain âge, les adultes ont tendance à être possédés par leurs idées. Les chevilles enflent et durcissent.

Alors on est tantôt sur une chaise : conscient de soi et content de cette conscience qui n’excède pas soi, ou identifié à l’objet d’une pensée générale, transcendante., immatérielle.

Certaines pensées sont comme des Dieux, on ne doit pas y toucher et encore moins s’en saisir, on ne doit pas s’en approcher, c’est plus qu’humain, on doit seulement leur rendre un culte par la parole, et clouer au pilori ceux qui blasphèment..

Cet esprit transcendant, cette pensée surnaturelle, procède toujours du général, mais c’est un général divin, humaniste, idéologique, ou social. Le message est de toute façon toujours celui-ci : votre mission, si vous l’acceptez, sera d’accomplir votre mission (de porte-parole de Dieu, de l’humanité, de la cause politique, du social) jusqu’au bout sans tenir aucun compte de ce que veulent ou pensent les individus.

Si au contraire, penser est une fonction de notre organisme, le résultat de l’interaction entre lui et le monde, comment peut-on dire que son sens ou son contenu sont plus que cela. C’est un regard radicalement différent, un regard dénué de tout fantasme, de toute spiritualité, qui ne ravale pas les animaux à l’état de créatures juste un peu sensibles (ils n’ont pas d’âme, nous si) Tant qu’on n’en est pas là, ils ont du souci à se faire.Les machines seraient bien plus proches de nous que les singes, elles, elles parlent.Elles auront des droits, quasiment une âme.

La mission est celle d’un esprit. Pas de limites, pas de frontières pour l’esprit. La nature d’un esprit est de pénétrer, conquérir un autre esprit, mais seulement un autre esprit. Mon esprit et ton esprit doivent devenir un. Mais comme dirait WILDE : lequel ? . Exemple : «  l’ombre du nazisme plane-t-elle sur l’Europe ? «  FC) Votre mission, si vous l’acceptez, est de vous attaquer à cette idéologie, de cerner la menace qui plane, et d’agir en conséquence, sans vous occuper de ce que pensent et veulent les gens.Le post-humanisme est déjà là : ce sont les IA affranchies du biologique, de l’organique, dépourvues de sentiments, qui prennent peu à peu notre place, et bientôt nous asservirons. Sorte de tragique triomphe du christianisme. La chair est condamnable. Elle est égoïste. Elle est condamnée. .

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https://youtu.be/nLRW03pV3BE?t=404

 

 

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