LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

14 octobre, 2017

MA VIE VOUS APPARTIENT

Classé dans : Vie — inconnaissance @ 15:36

Quoi de plus fondamental que la vie, ou plutôt, que votre vie, que ma vie ? C’est la condition de tout. Non ? Quand on nous la prend, on prend tout. Quand on la donne, on donne tout. D’où les grandes formules : ma vie appartient à Dieu ; Ou ma vie vous appartient, quand on veut vraiment donner la plus grande preuve qui soit de sa fidélité et de son dévouement.

Nous sommes-nous posé la question sérieusement : est-ce que ma vie (et tout ce que cela représente) m’appartient ? Pas au sens où il y aurait un possesseur (soi) et une possession (sa vie), mais au sens où on ne s’en désolidarise pas, où on ne s’en distingue pas, au sens où on l’assume.. J’en doute.

Le problème avec le don de sa vie, c’est qu’on se retrouve seulement avec le fait de l’avoir donnée (c’est beau de donner, c’est grand de l’avoir donnée, le don, encore une magnifique idée-valeur ) , parce que ceux à qui on l’a donnée jouent juste le rôle de destinataire : aucune garantie, de quelque nature que ce soit, en ce qui les concerne. Et pourtant, ne pas la donner, dans certains cas, passe pour de l’égoïsme. Comme si vivre était égoïste ! ! C’est curieux, parfois on dit que vivre est égoïste (comparé à la grandeur d’une cause) et parfois on dit que mettre fin à sa vie est égoïste ( par rapport à la grandeur d’une autre cause) Explication : c’est juste l’idée que l’on se fait de l’altruisme qui, lui, est obligatoire.

Donnez, donnez donc, faites un don entend-on sur tous les tons. Tout est là. La question de savoir si le bénéficiaire est digne d’un don est inconvenante. Donnez votre argent ou votre vie au don. C’est tout.

L’altruisme donc s’étend jusqu’à la vie. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ». C’est toujours ce que je dis à mes amis : si je suis votre ami…. Mais trêve de plaisanteries, on n’a pas besoin de la donner, on nous la prend très vite.

Mettons tout de suite les points sur les I pour être clair.

Si notre vie nous appartient, on peut décider de la donner (se donner tout entier) . Si notre vie ne nous appartient pas, ce genre de décision, en principe, n’a plus de sens. Si notre vie nous appartient, la vie des autres leur appartient. Elle ne nous appartient pas et notre vie n’appartient pas aux autres. Si notre vie ne nous appartient pas, la vie des autres ne leur appartient pas non plus. On imagine tout de suite les conséquences. En fait, notre vie ne nous appartient pas, sans que nous nous en rendions compte, et on nous demande quand même de décider de la donner .

Il y a un passage du roman d’Ayn RAND « La grève » à noter à ce sujet. C’est celui où l’émissaire du gouvernement essaie, pour la première fois, de convaincre Hank Rearden de lui vendre son acier. L’émissaire tient beaucoup à ce que Rearden décide de vendre cet acier. Ce qu’il refuse obstinément. Et le passage se termine quasiment ainsi : Rearden : « N’importe quelle vente suppose l’accord du vendeur. Il se leva et alla à la fenêtre : je vais vous dire ce que vous pouvez faire . Il montra la voie de garage et les wagons de fret sur lesquels s’accumulaient des barres de Rearden métal. Tenez, voilà le métal ! Venez avec vos camions, comme n’importe quel pillard, mais sans courir de risque, parce que vous savez très bien que je ne vais pas vous tirer dessus. ..prenez tout le matériel que vous voulez et partez ! Inutile de m’envoyer le règlement, je ne l’accepterai pas. Inutile de me faire un chèque, je ne l’encaisserai pas. Si vous voulez ce métal, allez-y, vous avez la force armée de votre côté. L’émissaire : Grand-Dieu, Rearden, mais que diraient les gens ? »

On tient absolument à ce que nous donnions notre vie volontairement, même si elle ne nous appartient pas, même si on peut nous la prendre par la force (mais ce serait compromettant à plus d’un titre) Tant qu’on croit au libre-arbitre, c’est possible.

C’est le moment d’expliquer une petite phrase très importante d’UG afin de faire le lien avec l’article précédent. «  Tout ce que vous défendez, croyances, expériences, aspirations est le produit de la pensée et la pensée est destructrice car elle n’est rien de plus qu’un mécanisme protecteur programmé pour servir ses intérêts à tout prix « 

On a vu que quelque chose ne commençait vraiment à exister que lorsque l’on pouvait s’en faire une idée, c’est à dire lorsque l’on pouvait mettre un mot, un concept, une idée dessus. On a vu que le mot, le concept, l’idée se substituaient facilement à la chose désignée. D’accord, on admet que le mot chien n’aboie pas, que le mot rose n’a pas de parfum, mais que se passe-t-il si on utilise les mots aboie et parfum ? Aussi aberrant, extravagant que cela puisse paraître, c’est ainsi que cela finit par fonctionner surtout avec certains mots, certains concepts, certaines idées ; (un aficionado de CYRULNIK concevra la vie comme une voie) . Il ne suffit pourtant pas de penser être à Paris pour se retrouver illico à Paris, il ne suffit de dire : « plat de lentilles » pour faire apparaître le plat de lentilles (Sauf dans les contes pour enfants) Il ne suffit pas de vouloir être comme ceci ou comme cela pour être aussitôt comme ceci ou comme cela.

On a évoqué le fait que les mots, les concepts, les idées ne nous appartiennent pas. La socioculture – qui a mis des siècles à se constituer et à passer dans les moeurs – nous les fournit, nous les prescrit grâce à ses prescripteurs. .

Elle nous fournit les mots qu’il faut utiliser, le sens qu’il faut leur donner, la valeur qu’il faut leur donner, elle nous prescrit le type de rapport ou d’usage que l’on doit avoir avec ces mots. Elle nous indique que c’est elle qui en a la clé, qui en a la maîtrise. Elle ne rend pas de compte et ne fournit aucune preuve. Si les mots se sont substitués à la chose, vous voyez le résultat. Si pour vous la liberté est vraiment celle que l’on vous a enseignée à l’université ou dans les livres, vous passerez à tout les coups à côté de la vraie liberté si elle ne correspond pas à ce qui est prévu. Si pour vous, faire ceci est mal, vous vous sentirez coupable en agissant ainsi même s’il n’y avait au fond de vous aucune intention et aucune conscience de faire du mal à quelqu’un . Il y en a qui savent ressortir des idées-valeurs standards comme « la raison » , quand la colère gronde et leur donne quelque inquiétude, histoire de réveiller des sentiments de culpabilité.

Quasiment rien ne nous appartient. Peut-être l’air que nous inspirons, peut-être le verre d’eau de mer que nous puisons. Mais vous ne pouvez pas acheter avec vos deniers des panneaux solaires ou une éolienne et fabriquer votre électricité sans rien dire à personne. Et cela m’étonnerait que tout le monde puisse venir avec un camion citerne puiser l’eau de mer nécessaire pour remplir sa piscine. (à voir) Tout ce qui nous entoure appartient à la collectivité ou à une organisation quelconque. Et s’il s’y ajoute du religieux ou du sacré, c’est pire.

Mais revenons à notre cœur de sujet.

Est-ce que ce que vous avez acheté avec vos deniers vous appartient ? Est-ce que votre corps vous appartient ? Est-ce que ce que vous avez dans votre esprit vous appartient ? Est-ce que votre vie vous appartient ? .Pour répondre à ces questions-là, il faut mesurer à quel point les mots, les concepts, les idées utilisés pour désigner tout cela se sont substitués, au sens propre , à ce qu’ils étaient censés désigner. (sa voiture, sa main, son impression) Si oui, ce sera ce que la culture en dit.

Dès que ce que vous avez acheté, votre corps, ce qu’il y a dans votre esprit, votre vie se socialisent c’est à dire entrent dans des relations sociales, ils ne vous appartiennent plus guère, ils sont les éléments constitutifs de votre être social, ils doivent représenter la socioculture. Votre corps doit avoir les caractéristiques attendues, être vêtu selon certaines règles, se déplacer selon certaines règles, être utilisé selon certaines règles, être décrit selon certaines règles.  Qu’y-a-t-il d’autre pour vous que le sens et les usages du corps stipulés par la culture si vos pensées vous dirigent ? Voir tous les mots, toutes les idées utilisés pour parler de lui, pour le penser, pour agir avec lui (il n’y a guère que les réflexes qui échappent : mets pas ton doigt dans ton nez je t’ai dit. Sacré DIOGENE qui se masturbait en public !) . C’est pareil pour le reste. Mais tout ça n’est pas réel tant que c’est incorporel. « Le monde selon la pensée est un rêve impossible et vain «  (NAN-SHAN).

On tient absolument à ce que nous pensions que c’est nous qui décidons de ce que nous faisons de notre corps, de ce que nous avons dans notre esprit, de ce que nous faisons de notre vie (notre vie nous appartiendrait) , alors que l’être social obéit en tout à son conditionnement., c’est à dire qu’il n’est que la synthèse de tout ce qu’on a appris, de la culture d’un milieu et d’un moment. Et pour cause : société, autrui, bien, mal etc sont des concepts sans référents personnels dûment éprouvés. C’est seulement ce qu’on en dit.

Le penseur a fini par s’identifier à l’objet de pensée-soi suggéré par société, bien, mal, autrui et bien d’autres idées-valeurs générales dans lesquels s’inscrivent ce que l’on possède, son propre corps, son propre esprit.

Comment cela se fait-il ? Il y a d’abord l’endoctrinement et la croyance qui font en sorte que les mots, concepts, idées qu’il faut s’enracinent dans l’esprit et viennent automatiquement à la conscience dans les cas qu’il faut.  Et il y a ensuite le libre-arbitre supposé, chéri, qui résulte du fait qu’il y a un moment d’hésitation ou de flottement avant que l’option qui a le plus de prix ne s’impose et déclenche automatiquement notre décision. Le flottement et la décision suggèrent une liberté et quelqu’un qui décide. Quoi était là avant ? Quoi est le résultat de quoi ? Est-ce que c’est le libre-arbitre qui a fait naître ce flottement et cette décision ou est-ce le flottement et la décision qui ont donné naissance à un libre-arbitre prisonnier du schéma  ?

Quand l’existence de quelque chose est subtile, discrète, mystérieuse, fluctuante, obscure, incertaine, timide, quoi de plus facile que de lui imposer un sens clair et réputé, celui de la culture, surtout quand la vie sociale nous presse de nous prévoir, de nous défendre, de nous affirmer, de nous savoir à l‘avance. . «  .on nous apprend à détecter le burn-out chez nos collègues «  déclare un étudiant infirmier sur France-Culture. (gare à l’erreur médicale en effet) Burn-out, concept assez récent. S’agit de savoir quand remplacer un état de fatigue par cette expression. Ca y est, je suis burn-outée. Procédure A3bis, Toc toc. Bonjour, c’est vous la burn-outée, ah non, moi c’est la dépression, la burn-outée, c’est à côté.

Ces éléments culturels parviennent même à nous faire croire à l’existence de choses dont on n’a pas le moindre preuve qu’elles existent : libre-arbitre, je, âme etc C’est ça qui est vraiment fort. Heureusement que les hommes se défendent quelque peu, plus ou moins – cela dépend – et parviennent à donner aux mots, concepts et idées un peu de la coloration de ce qu’ils éprouvent en réalité. (évolution du sens des mots)

Donc, l’entreprise permanente et savamment orchestrée de tous ceux qui font la culture et notamment de l’Etat, des institutions, des religions, des médias, des intellectuels en vue est de nous immerger dans un flot de mots, de concepts, d’idées destinées à se substituer à ce que nous ressentons, ce que nous désirons, ce que nous pensons, ce que nous vivons. A notre vie. Ils ont une grande expérience, une grande science en la matière, des moyens de diffusion puissants, ils ont le temps pour eux. Chaque mot, chaque concept, chaque idée est l’occasion de solliciter notre croyance et notre mémoire. Soit on n’a pas accès à la réalité elle-même (à beau mentir qui vient de loin) soit on a perdu l’habitude de se consulter. L’influençabilité, le désir d’être conforme, le souci de se défendre font le reste. Si votre vie ne vous appartient plus, vous n’avez plus la parole, n’est-ce pas. Alors les malins, les puissants, les idéologues, les cupides, les hypocrites s’en donnent à cœur joie. Et on nous demande d’être bien aimables avec ces gens-là.

baiserl

Attention, les jugements de toutes sortes, les mots orientés de toutes sortes, les allusions, insinuations de toutes sortes, les techniques de persuasion de toutes sortes (exemple FC «  Derrière Bertrand Cantat en héros romantique, l’histoire d’une presse française machiste. « ), se succèdent, rien n’est anodin si vous n’avez pas la distance, l’indépendance, l’esprit critique, le scepticisme, la conscience de soi, la lucidité nécessaires. Chaque mot est problématique. Il y a plus de dangers dans la langue que dans la plus périlleuse des forêts équatoriales, sauf que les premiers sont rarement mortels. (enfin ça dépend où et quand) Le savoir a si bonne presse, qu’on n’est pas regardant. Il suffit de répéter pour être un sachant. .L’être social est un perroquet ou un disque..

UG parle donc de la structure mentale servant à préserver et perpétuer l’être social c’est à dire de la préservation et de la perpétuation de tout le système de pensée qui s’est constitué en nous au fur et à mesure que l’on a assimilé et entériné les propagandes, endoctrinements, enseignements, venus de la socioculture. Non seulement ce système est devenu nous-mêmes, mais en plus, la pression sociale, les contrôles les pouvoirs veillent à ce qu’on le respecte. « Le vous que vous connaissez est la puissance du savoir qui vous a été transmis «  UG)

L’émissaire du gouvernement dans « La grève » dit : que diraient les gens ? Chacun peut constater l’existence d’un dialogue intérieur.  On croit en l’existence d’un Bien général, d’une Vérité générale, ceux que l’on s’est forgés au fil du temps, et c’est à eux que l’on rend des comptes, à eux que l’on demande l’autorisation, une approbation. Cela n’a rien à voir avec une réalité quelconque. C’est un bien d’autorité, une vérité d’autorité. Et pourtant, ils ne se montrent jamais, nous n’avons affaire qu’à des options plutôt familières et limitées. Il suffit que nous croyions qu’ils existent. Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde la lune et ne voit plus qu’elle.

Il faut que ce dialogue existe, que ce recours à quelque chose d’autre que soi existe, que cette allégeance existe. C’est une sorte de culte que l’on rend. La piété fait rage. C’est cela qui permet le libre-arbitre (le doute dont nous parlions) Comme dit UG, ça fonctionne tout seul, ça s’auto-entretient . Les mots n’ont cure de rendre compte de la vérité, ils l’inventent (ce sont des moyens de transformations et de création) ils ne font que renvoyer à certains discours. Ce sont des Cheval de Troie. Et tout cela dépend de la croyance en l’existence d’un général en matière humaine.

Non, mais dans quel roman on s’est embourbé depuis tout ce temps  ! ! ! Hallucinant !

Un général que l’on pourrait énoncer ? voyez tout ce qui changerait si cette croyance n’existait plus du tout. Voyez que vous ferez taire n’importe quel bonimenteur en le mettant au défi de prouver la valeur du général qu’il défend, parce qu’il défend du général, se fait le porte-parole du général, et qu’il part d’un jugement de valeur d’autorité.

Ainsi on peut vous harceler pour que vous adoptiez certains comportements utiles à votre santé (votre santé ne vous appartient pas) , mais ce n’est pas demain la veille que l’on mettra en cause une société au nom des effets nocifs qu’elle a sur la santé physique, mentale et psychologique des individus.

Dieu a encore de beaux jours devant lui.

Si on parvient à nous persuader que c’est nous qui voulons ou choisissons ce que notre conditionnement nous dicte, premièrement, cela dédouane la Vérité et le Bien d’autorité , deuxièmement, on passe de l’état de sollicité à l’état de solliciteur. Et cela change beaucoup de choses. « Comment lutter contre les déserts médicaux. ? «  lit-on sur France culture. 1: le gouvernement a le devoir de lutter contre les déserts médicaux.  Alors, ça vient ? 2 Les Français désirent la disparition des déserts médicaux. Bon, on va voir ce qu’on peut faire pour répondre à leur attente. 1 ou 2 ? 2 bien sûr, c’est pour occuper l’antenne et pérorer en continuant la propagande. Le gouvernement ne s’engage jamais.

Alors, notre vie nous appartient-elle ou pas ? Si c’est notre vie quotidienne, ce que nous avons écrit au-dessus nous permet d’en douter fortement.

Est-ce que le fait de vivre nous appartient ou pas ? Le fait de vivre revient à ce qu’on appelle assez abstraitement ou généralement : la vie. Qui en parle, qui statue, qui a le pouvoir de décider ? Vous connaissez la réponse. La vie ou le fait de vivre ne nous appartient pas non plus. Il y a un ordre établi à ce sujet. On ne nous demande pas notre avis pour nous l’ôter ou pour nous l’imposer malgré nous par tous les moyens.

Tout ça est « étudié pour » disait Fernand REYNAUD : l’être social n’a aucun libre-arbitre, et le libre-arbitre inventé est là pour culpabiliser l’être social de ne pas être un robot parfait. . »Il fait noir, enfant, voleur d’étincelles ».

Conclusion

pilori

Coupable de ne pas avoir appris tous les codes

Coupable de ne pas avoir pris en compte les tout derniers codes ;

Coupable de ne pas avoir montré assez d’empressement à respecter les codes

Coupable d’avoir critiqué les codes

Coupable d’avoir suivi d’autres codes

Coupable de ne pas s’être senti coupable

Coupable de ne pas avoir su faire triompher les codes.

Mais on pourrait dire le contraire :

Victime du nombre considérable de codes divers

Victime de la dureté et de l’arbitraire des codes

Victime d’un code appelé intelligence qu’il faut appliquer et ne pas appliquer

Victime de la valeur intrinsèque des codes qui se contredisent

Victime du code qui stipule que l’on doit être sincère

Victime de l’inadéquation des codes par rapport à sa propre nature

Victime des tourments divers et variés infligés par ces codes arbitraires.

https://youtu.be/o-MpNQ2ojjQ?t=715

et plus précisément : sanglots qui sortent (qq secondes)

https://youtu.be/o-MpNQ2ojjQ?t=937

 

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