LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

1 décembre, 2017

LA PROIE POUR L’OMBRE

Classé dans : Conscience — inconnaissance @ 12:18

« J’suis mal dans ma peau en coureur très beau
And I just go with my pince à vélo
J’suis bidon, j’suis bidon «  (Alain SOUCHON)

Longtemps, j’ai rêvé de bonheur.

Il faut dire que tout le monde m’y invitait. Il y avait du jugement partout. De la part des parents, de la part de toutes sortes d’autorité, de la part des religieux (eh oui, j’étais là-dedans) , de la part des camarades, et d’autres imbéciles que je ne citerai pas. De tout le monde. Et le jugement signifiait : ceci n’est pas correct, pas bien, pas convenable, pas acceptable etc mais cela, l’autre face du jugement, ce vers quoi il pointait, c’est ce qu’il faut obtenir, ce qu’il faut être etc . Et le but que l’on me désignait semblait plein de promesses.

D’abord la promesse d’être approuvé voire loué (puisque la demande venait des autres) . Ensuite, la promesse de trouver là quelque chose de très satisfaisant pour moi. (puisqu’on m’en faisait la promotion) Enfin la promesse que c’était la vérité. (puisqu’il y avait affirmation) Tout cela me persuadait que c’était la solution pour être heureux. Et comme je ne suis pas très intelligent, comme je suis plein de bonne volonté, comme je suis sincère, j’ai marché à fond.

J’ai tellement marché que j’ai pris l’habitude de rêver à toutes ces autres formes d’existence qu’on me faisait miroiter. Le rêve était très agréable (plus c’est grand, plus c’est beau) . J’ai accepté l’idée que le bonheur, la vérité n’étaient pas pour aujourd’hui, mais pour demain. Et même que ce qu’il y avait maintenant ne pouvait pas être bien. D’ailleurs tout me le confirmait. Ce qu’il y avait maintenant était vu, appréhendé, en fonction du but à atteindre, donc c’était minable. Et mes problèmes de rêveur me confirmaient dans mon opinion. Et la façon dont fonctionnait la société me confirmait dans mon analyse.

En politique, le bonheur est pour demain quand on aura pu résoudre les problèmes qui se posent. En religion, le bonheur est pour demain quand on aura réussi à incarner les qualités requises. Dans la vie sociale, le bonheur est pour demain quand on aura tout ce qu’il faut. En psychologie, en morale, c’est pareil. Les défauts, les problèmes, les torts, les pathologies, c’est maintenant, le bonheur, c’est quand on aura supprimé toutes les causes de ces problèmes. Et même quand ces bonimenteurs font l’éloge du temps présent, leurs mors vous projettent dans un autre temps.

En plus, les peines, les problèmes moraux, psychologiques, spirituels, sociaux sont spéciaux. Si vous avez mal à la tête ou à l’estomac, vous savez que vous n’avez pas mal au pied ou au dos. La plupart du temps, le mal est localisé et assez défini. Alors que les souffrances dont je parle sont diffuses, mystérieuses. Si vous avez une maladie ou une infirmité, on vous reconnaît en tant que vous êtes atteint de cette maladie ou de cette infirmité. Les souffrances dont je parle ne sont ni reconnues, ni souvent plaintes, ni acceptées . Dans un cas, on ne se sent pas responsable, dans l’autre, on se sent responsable . Double peine..

Les bonimenteurs savent une chose que tout le monde devrait comprendre, c’est que rien ne fait rêver comme le malheur, surtout le malheur dont on ne connaît pas les causes. Ils génèrent, ils accroissent le malheur. En aggravant le malheur, ils font rêver davantage. Et inversement. Ils savent aussi une autre chose qu’on oublie toujours (et dont les journalistes aussi abusent) c’est que l’on peut toujours raconter ce qu’on veut quand on ne risque pas d’être contredit. Puisque vous ne connaissez pas la nature et la cause de vos souffrances, vous ne pouvez pas être sûr que la solution qu’on vous propose n’est pas la bonne.  Essayez au moins .

mage

Mais vous ne serez jamais remboursé si cela ne fonctionne pas. (puisque, au fond, c’est de votre faute)

Alors ils se partagent le travail, il y a ceux qui ont le pouvoir de pourrir ou de rendre misérable la vie des gens . Et il y a ceux qui, sur le terrain, en profitent pour vendre leur camelote. On vend du rêve spirituel, du rêve psychologique du rêve consumériste.

Le rêve vous rend inapte et malheureux.

Comme le genre de souffrance en question est mal vu et qu’on la cache, comme on rêve pour se procurer quelque plaisir, comme la société est bâtie sur les rêves en vigueur, comme on a besoin d’avoir une opinion de soi convenable, on essaie de vivre conformément à notre rêve. Toute idée, toute notion, tout idéal, toute pensée qui fonctionnent comme un but pour l’être, nous incitent à vivre non pas tel qu’on est mais tel que ce but nous le prescrit. On voudrait vivre la vie de cet autre. On se prend même à croire qu’on est cet autre. On essaie de se persuader qu’on est conforme au personnage de notre rêve, quel qu’il soit,. Cet autre, évidemment, est aussi illusoire que l’image après laquelle on court. . Conflit permanent entre ce que l’on est et ce que l’on voudrait être ou ce que l’on croit être. Et il y a tellement de représentations mentales de soi-même qui sont issues ou dépendantes de celui que l’on voudrait être, de l’image rêvée de soi-même ! On voit même le monde de telle sorte qu’il illustre, confirme, éclaire, les buts pour l’être que l’on a. Ils lui donnent son sens. C’est biaisé, faussé. .

En fait, en réalité, aucun des buts pour l’être qu’on a adoptés ou poursuivis , aucun des objectifs que l’on nous a proposés, aucun des idéals que l’on a embrassés, aucune valeur que l’on nous a fait adoptée, ne nous ont apporté la certitude, la tranquillité, l’amour, le bonheur qu’ils promettaient. Au contraire. On nous les a vendus pour cela, on les a justifiés comme cela, et c’est raté .Tout ce qu’on a, c’est le rêve ou l’espérance.

ombr

Les parents, les adultes continuent à faire croire aux enfants que leur conception de la vie est celle qu’il leur faut, et c’est faux ; Ils le savent bien, mais ils ne veulent pas l’admettre. Ils sont esclaves de leur rôle (ou concept de ;.) ou de leur fonction de commis. Ils se vengent de leur échec ou de leur triste vie en endossant le costume avantageux de celui qui sait et qui a de bonnes intentions. Pauvres gens ! Pauvres enfants !

Ce qui nous fait croire que notre but pour l’être est peut-être quand même valable, que nous pouvons peut-être y parvenir, que notre échec vient peut-être de nous, c’est le caractère doublement duel des mots, des concepts.

La première dualité a consisté à placer la vérité de ces mots devant soi, hors de soi, dans un univers différent de l’univers actuel.

La seconde dualité qui verrouille le système est la suivante. Pour chacun des mots, des concepts qui représentent un but pour l’être il y a deux faces. Face A, il y a le sens de ces mots et concepts que l’on connaît, que l’on a intégré dans notre savoir, notre culture. C’est un sens qui nous appartient. Face B il y a le sens qui nous échappe, le sens qui serait la propriété de ceux qui savent, le sens que les autres connaîtraient et que l’on ne connaît pas . Et on se dit que c’est ce sens-là qui nous manque pour réussir. D’où notre recherche d’autorités en la matière, notre recherche du sens qui nous manque dans la culture. Ce sens-là, vous ne le connaîtrez jamais. Vous chercherez en vain. Ce sera toujours pour demain. D’autant plus que certains bonimenteurs prennent un malin plaisir à nous faire sentir ce que l’on ne sait pas, à faire l’apologie de mots qui n’avaient pas cet écho en nous, à renvoyer à des opinions populaires qu’on ne partage pas, quand ce n’est pas à faire l’étalage d’une culture que l’on n’a pas ou faire référence à des croyances qu’on ne partage pas. On dirait qu’ils se moquent du monde.

Et c’est ainsi que le bonheur devait devenir un concept, que l’amour devait devenir un concept, que la non-dualité devait devenir un concept, que la libération devait devenir un concept, que le moi est un concept, que la conscience est un concept, que autrui est un concept, que la personne est un concept et toutes les choses qui nous font courir. (concept au sens où, si vous oubliez tout, vous ne savez pas ce que c’est. Vous dépendez entièrement de ce qu’on raconte. ) Car le résultat, c’était forcément que pour être ce que l’on cherchait, il fallait se penser avec le sens de ces concepts et devenir un objet de pensée, une personne. (l’auto-façonnage dont le parlais précédemment) En réalité, les buts pour l ’être ne sont pas communs. Chacun se dirige dans une direction différente. Cela ne sert donc strictement à rien de prendre à témoin les autres à leur sujet.

On a donc réussi à nous faire adopter des buts pour l’être, à voir dans ces buts un autre soi hors de soi, un soi prétendument vrai, qui a provoqué une fracture pénible. Pour combler cette fracture, on a tenté d’être ce que la culture, les autres disaient qu’il fallait être ; Ce faisant on a aggravé la fracture. C’était l’occasion de nous culpabiliser ou de nous exploiter. Ce qui nous a motivé encore plus. On en rencontre de plus en plus des fous sociaux ou moraux..

L’histoire que les autres se racontent sur moi est bidon. L’histoire que la société se raconte sur moi est bidon. L’histoire que je me raconte sur moi est bidon. Elles sont différentes, elles procèdent d’ a priori différents et sans consistance.

La racine du mal, (ce qui m’a fait prendre la proie pour l’ombre) c’était de ne pas comprendre la chose suivante. On ne trouvera rien de ce qu’on cherche tous : la vérité, l’amour, le bonheur, l’existence, le bien etc comme on les cherche : en pensant. On ne fait que peigner la girafe de notre ego. Qu’ils s’étouffent, si c’est possible, avec leurs discours. C’est dur à admettre parce que la pensée s’occupait beaucoup de cela. Les buts pour l’être ainsi propagés ne sont pas des buts à adopter.

En fait, on n’est pas stupide, on sait bien que le bonheur, que l’amour, que la vérité, que l’être se présentent comme des concepts. Au-delà de cela, on voudrait bien trouver du réel, savoir ce qui existe, savoir si on existe.

Notre nature réelle, c’est ce qu’on peut appeler la sensibilité, mais ce n’est qu’un mot. Pour faire bonne mesure, on peut ajouter la sensitivité, la réceptivité, la vulnérabilité, la perceptibilité, la spontanéité  etc tout ce qui fait que cette créature-là frémit, est touchée. UG disait : vos sens doivent fonctionner au maximum de leurs capacités.

On ne peut pas nier qu’on n’est en rien responsable de cet état de fait, qu’il est inconditionnel, impersonnel, que c’est en amont de toute pensée, et que c’est à partir de là que tout va s’enchaîner.

On ne peut pas nier que ce qui s’y passe, si cela s’y passe, c’est une manifestation, un témoignage de cette sensibilité même.

On ne peut pas nier que ce n’est pas uniquement sensuel.

On ne peut pas nier que c’est vivant, palpitant.

C’est notre réalité. C’est ce que l’on est. Ce n’est ni bien, ni mal. C’est la pensée qui vient ensuite et qui porte un jugement au nom de la personne que l’on voulait être. Et même ce jugement, et même cette personne, du point de vue de ce qu’on est, font partie de ce qu’on est.

Cette réalité est celle-là même que l’on nous a entraîné à oublier, à mépriser (parce qu’on nous hait), c’est celle à laquelle on a tourné le dos, pour mettre à la place le résultat d’une pensée, résultat qui lui, peut être façonné, inventé par la société. .

Il faut donc partir de là. La catastrophe, c’est d’être persuadé que l’on n’existera vraiment qu’en atteignant les buts pour l’être. Cette existence est le grand enjeu.

Il y a toujours un manque avec les résultats de la pensée. La conscience, elle, est toujours pleine. Que voulez-vous ajouter ? Aucune lacune, aucun vide. .

Le résultat d’une pensée deviendra vite caduque, périmé. La conscience ou la sensibilité est toujours présente et d’actualité.

Pour produire un résultat, la pensée doit travailler. La conscience ou la sensibilité n’est le résultat de rien, d’aucun travail de la pensée. Elle est en amont de la pensée. .

On se cherchait un peu partout, vainement, et en fait, le chercheur était le cherché.

Si on refuse, refoule la conscience de certaines choses, c’est soi-même que l’on nie. Autant nier sa propre existence. Ce qui est, est. C’est notre existence même. Exister, c’est exister à travers toutes les expressions de la conscience.

Depuis cette conscience, il n’y a plus de tri de nature morale, psychologique, religieuse, sociale etc plus de but pour l’être disant : ceci est acceptable, ceci ne l’est pas parce que la personne qui voudrait se substituer ou s’imposer à elle a perdu son pouvoir. Pourquoi ? Parce qu’il est vu qu’elle est un phénomène indépendant de ma volonté. .

Il y a en effet, des choses que l’on ressent qui sont désagréables, douloureuses, et que l’on cherchera à faire cesser très légitimement . Pourquoi l’organisme devrait-il souffrir. ? Mais cela ne se rapporte à personne, ne caractérise personne, n’est la faute de personne. On parle d’une personne soit parce que cela correspond à une vision idéologique de l’être humain, soit parce que l’image mentale de soi qui apparaît à la conscience ressemble à une personne. Mais ce n’est qu’un mirage. Il n’y a pas ici, de centre organisateur et permanent A chaque pensée ou à chaque prise en considération d’autrui, un je différent apparaît puis disparaît. Il n’est qu’une conséquence, il ne représente pas une réalité intérieure continue. C’est un jeu. Retour à l’époque où je n’avais pas encore contracté ces buts pour l’être bidon.

Je sais très bien ce que l’on va répondre à cela : bon d’accord, c’est un point de départ, mais il faut vivre, il faut agir, il faut construire voire il faut s’engager etc OK rien contre. Alors je vous donne une clé : ceux qui parlent comme ça en viendront nécessairement à parler pour le collectif, à vouloir édifier leur modèle de société. C’est leur prétention, leurs manigances. Qu’ils le fassent, eux, si ça leur chante. Sauf qu’il est hors de question que ce faisant, ils en viennent à nier que notre réalité, c’est cela. Et faites-moi confiance, ils le feront. Ils diront : votre existence, ce n’est pas maintenant, c’est dans le futur.

https://youtu.be/X7fydqAMpuo?t=1948

 Promenade :     https://youtu.be/M5Ub60Nr4cw?t=611

 

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