LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

2 septembre, 2018

QUE CELA VOUS PLAISE OU NON

Classé dans : Homme — inconnaissance @ 19:48

Chaque chose, chaque élément du monde a une fonction – pratique, ou pas. Les objets manufacturés l’ont été pour un certain usage. Les infrastructures, les structures, les institutions, les corps de métier, les organisations ont une mission ou une fonction.  Les concepts de valeur tirent leur légitimité du bienfait qu’ils sont censés apporter, c’est leur fonction. L’utilité règne. Ce qui est inutile est problématique, mais on parvient à trouver une utilité à cette inutilité. L’ego-centrisme a mauvaise presse, mais l’anthropocentrisme s’impose. C’est que l’individu est haïssable, mais le genre humain non. Le genre humain n’est pas haïssable, mais qu’en est-il de la part d’humanité que porte chaque individu ? Que devient-elle dans la société ?

Utilité ? Mais encore faut-il s’assurer de la réalité de cette utilité et savoir de quel genre d’utilité on parle. Utile pour qui, pour quoi, à quoi ?

Cette fonction est une fonction sociale, son objectif est collectif : La beauté ne tient pas compte de notre expérience personnelle de la beauté, c’est la société qui définit ce qu’est la beauté. L’art ne tient pas compte de notre émotion artistique propre, c’est objectivé par les penseurs de la société. Les loisirs ne tiennent guère compte de nos envies particulières, c’est un ensemble d’activités répertoriées et encadrées. Les moyens de déplacement ne tiennent guère compte de nos besoins particuliers de déplacement. La consommation ne tient aucun compte de notre besoin personnel de consommation, ce sont des offres collectives. L’éducation des enfants s’inspire beaucoup de ce que la société a prévu que devait être l’éducation des enfants. Les relations de couple s’inspirent beaucoup de ce que la société a prévu que devaient être les relations de couple. La santé s’inspire beaucoup de la façon dont la société définit la normalité. Quand on applique ce processus à la nature, à la planète, c’est toujours avec les catégories culturelles destinées à satisfaire une société donnée. (l’énergie est un besoin, elle peut être gaspillée, elle est renouvelable, elle peut être économisée etc C’est ainsi qu’on la pense.)

Notre façon de penser toutes ces choses nous est largement dictée par la société. Et donc notre usage aussi. Il y a les lois, mais il y a surtout tout une armée de bonimenteurs qui s’occupent de tout ce qui n’a pas pu être interdit, de tout ce qui est trop subtil, informel, insaisissable pour être réglementé.

Une société est nécessairement organisée autour de la satisfaction des besoins de la collectivité et de son encadrement, de sa gestion . Elle propose forcément des solution communes, collectives.  Cela se comprend, comment faire autrement ? Mais il s’ensuit que tout cela est appréhendé, conçu, utilisé conformément à ce qui est prévu. Quelle part de notre existence n’est pas la propriété de la société ?

detou1

Si on consomme ce qu’on nous dit de consommer et si nous n’avons pas d’autre idée de la consommation que celle que l’on nous transmet, notre activité de consommateur appartient à la société. Si nos problèmes de santé découlent complètement de l’idée que l’on nous a donné de la normalité, notre santé est l’affaire de la société. Si on éduque les enfants selon les critères et les valeurs collectives en vigueur, l’éducation appartient à la société etc Est-ce ainsi que l’on pense toutes ces choses, de la façon dont la société le prévoit, conformément à la fonction prévue ? C’est ainsi qu’on en prend conscience.

Les professions au chevet du public ne s’occupent que de la norme, de ce qui est objectivé par la société, de la définition culturelle, pas vraiment de nous.(ne pas prendre la propagande constante de France Culte pour de l’information)

Donc chaque fois que la société nomme quelque chose de nouveau, quelque chose de plus, vous savez ce qui en découle. La liberté recule.

Mais il faut distinguer ce qui relève de la mise en œuvre de moyens matériels, et ce qui relève de la vie intime de chacun. Cela va des appareils et objets manufacturés dont on respecte le mode d’emploi aux qualités ou aux particularités de telle personne, tel groupe.  Que l’on n’ait pas d’autre conception d’un dispositif matériel que celle que la société a prévue et dont elle est, après tout, responsable, c’est acceptable, mais que l’on n’ait pas d’autre idée de notre vie, de notre intimité, que celle que la culture colporte, là, ce n’est plus acceptable.  Cela veut dire que votre émotion doit être celle prévue par la société, que votre désir doit être celui prévu par la société, que votre impression doit être celle prévue par la société, que votre sensation doit être celle prévue par la société, (madame j’ai très mal je vais mourir ; mais non, arrêtez cette comédie) que votre besoin profond doit être celui prévu par la société, que votre réaction doit être celle prévue par la société. Conformes à la culture. Bref que votre vie ou votre personne entière doit appartenir à la société et à ceux qui la gouvernent comme elle appartenait autrefois à Dieu. Puissant et funeste modèle.

Comment peut-on avoir le toupet de dire que c’est toujours la même instance, la même origine qui veut, qui décide, qui obéit, qui a peur, qui est en colère, qui est hésitant, qui est troublé , qui parle, le je, un seul et unique je. Toujours le même. Quelle blague ! Une commodité de langage, prise au sérieux, qui est devenue une profonde erreur. Tout rapporter de notre fonctionnement à une même origine est ridicule. Alors comment peut-on mettre le même mot sur différents moments de la vie d’une personne, sur des phénomènes se produisant chez des personnes différentes ? Tous ces phénomènes vivants ont des causes différentes dans ce qui nous entoure, le stimulus est différent, comment la réaction pourrait-elle est semblable ? Il y a telle émotion, tel désir, telle impression, tel trouble, tel plaisir, telle douleur en moi, que cela vous plaise ou non.

Le stimulus est différent à chaque fois, la réaction est différente. La vie est mouvante, insaisissable, mais il semble qu’on soit parvenu à créer du saisissable, du semblable. Comment ? Mais en l’oubliant, en la niant, en l’écartant, en la méprisant d’une part, et en créant un modèle bis pour la remplacer d’autre part. Tout ce qui est culturel, donc collectif, est séparé de soi. Le destin de tout ce qui est culturel ne dépend pas de soi ou très peu. Tout ce qui est culturel est un héritage. Le supposé héritage défini par la culture. Tout ce qui est culturel correspond à un certain type de société. Tout ce qui est culturel nous ignore personnellement. .Et la culture invente l’homme et définit l’homme. L’homme en général. Même pas l’espèce cro magnon, mais une créature spirituelle ! ! .

Ce qui est séparé de soi, hors d’atteinte, nous échappe. Ce qui nous échappe et aurait une valeur quelconque nous en impose. Ce qui nous en impose nous trouve faibles. C’est qu’on ne peut pas, en même temps, vouloir passionnément faire partie de la collectivité, être aimé par la collectivité et pour cela aimer, choisir tout ce que la collectivité aime et choisit, et être indépendant d’elle. On ne peut pas, en même temps, être tout ce que la culture a prévu que l’on soit, fonctionner totalement comme elle le veut et garder son quant-à-soi que cela lui plaise ou pas. On ne peut pas être soi et être l’Homme. . Il faut d’autant plus choisir que la conscience, c’est la pensée. Si la pensée est complètement conditionnée, la conscience l’est aussi. On peut en arriver à penser toute chose, à avoir de toute chose une conscience qui s’insère dans le fonctionnement d’une société. Cela dépend : que se sent-on le droit de faire et de dire qui n’ait pas une fonction sociale ,qui ne soit pas dans la norme ? Car ne comptez jamais, jamais sur la société pour poser des limites infranchissables, constitutionnelles à son ingérence; comme elle ne décidera jamais de fixer une limite ferme – quelle qu’elle soit – à l’immigration

Ce qui n’est pas nommé, ce qui est organique, sensoriel nous appartient et n’appartient pas à la société. Que cela lui plaise ou pas. Votre odorat vous appartient, votre vision vous appartient, votre acuité sensorielle vous appartient, votre plaisir vous appartient, vos réactions vous appartiennent, mais il n’y a pas de possesseur séparé.

Ce dont on prend conscience et qui fait sens est le produit des connaissances qui se sont déposées. Comment, en effet, identifier le monde sans mettre en œuvre les connaissances déjà acquises ? Car la conscience implique une dualité interne : l’objet de conscience apparaît à un témoin (par objet, j’entends toutes les représentations possibles)  . Sinon, il n’y aurait pas conscience éveillée. On n’a pas autre chose à notre disposition que les objets de conscience – avec leurs caractères particuliers – qui surviennent. D’où l’importance extrême du conditionnement. On ne sait pas à quel point nos objets de conscience sont propres à notre histoire, de quelle façon ils sont façonnés, parce qu’on ne sait presque rien du conditionnement qui a été le nôtre.  On ne peut pas se transporter en dehors de notre esprit, on appréhende tout en fonction de notre esprit. On veut agir sur notre esprit avec notre esprit, ce qui ne sert à rien. Seule la destruction est efficace La destruction est une forme de mort, une perte de conscience. La fidélité, par exemple, qui faisait partie de notre identité, disparaît et avec elle le sujet qui lui correspondait. Au lieu de perdre la mémoire d’une personne, on perd la mémoire d’une chose qui n’existait que dans notre imagination.

Micro-mort : pas celle d’un sujet qui se serait identifié à une idée, il n’y a d’idées. Pas celle d’une mémoire, les musiques que l’on aime restent en mémoire ( Connaissiez-vous l’auteur de cette musique qui ne vous était certainement pas inconnue:  https://youtu.be/QIOhmxXbSfU?t=1587  ?)

non celle d’un attachement à un passage qui nous plaît particulièrement, comme ceux du début de cet impromptu (où va-t-il chercher tout cela ) 

https://youtu.be/rlbq-RDPqTs?t=283 mais il faut le quitter. La musique est une image de l’impermanence

La destruction que certains sèment à l’extérieur, pourrait bien n’être que l’extériorisation d’une soif ardente et inextinguible de se détruire.

Être utile, cela s’apparente à servir, à être efficace, à travailler quand il s’agit du monde matériel, et cela s’appelle le bien (bienfaits) quand il s’agit des hommes. Pour autant que c’est une chose qui nous tient, on fera l’un et l’autre. Pour autant qu’être utile nous est indifférent, on ne fera ni l’un, ni l’autre. C’est simple. 

Vous avez tous les mots et les concepts qui vont avec ces deux formes d’utilité et qui vous indiquent plus en détail la façon de vous y prendre. Vous les connaissez bien. Ils vous mènent par le bout du nez. Malheureux de ne pas avoir de travail ou quand on n’a pas réussi à exécuter la mission qui nous avait été confiée, ou malheureux de ne pas pouvoir faire le bien, de ne pas pouvoir se raconter l’histoire d’un moi qui est bien. Essayez d’aller contre votre conscience d’un bien ou d’une utilité sociale. Chacun son apprentissage de ce qui est utile et valable et de ce qui est bien, cela dépend des formes de demandes auxquelles on a été soumis.

Le fantasme fatal consiste à croire que sous prétexte qu’un mot de la culture est à l’usage de tous, qu’il est approuvé par tous, et qu’il décrit quelque chose des hommes, il est vécu de la même façon par tous. (comme si le mot angoisse, utilisé par tous, approuvé par tous, et décrivant quelque chose d’humain, désignait une seule et unique réalité) C’est évidemment complètement faux, on ne trouvera jamais une chose pareille,. D’ailleurs on ne sait pas de quoi on parle. Quelle est donc cette hospitalité dont on pourrait faire état sinon la représentation qu’on se fait de ce qu’on a entendu partout ou le comportement déclenché par une représentation que l’on croit collective et approuvée par tous ? Et quel rapport a-t-elle avec ce qu’on a été ? Avec ces idées du bien, je ne suis que l’être putatif qui ferait le bien sans jamais en être sûr, sans jamais être sûr que c’est le bien, et avec le besoin absolu de me raconter mon histoire.  Je suis le mot, je ne suis pas moi mais quelque chose de séparé de moi.

Mais la conséquence tragique, c’est que l’on croit qu’il y a de la vie, de l’être dans ce mot parce que l’hospitalité serait vécue de la même manière par chacun. Il est évident que chaque fois que l’on utilise une généralité de ce genre, pour lui donner du crédit, une légitimité, il faut bien qu’elle désigne une réalité générale. Le général humain est forcément vivant. Il y a forcément de l’être dedans. On l’imagine. On y croit. Alors on se met à espérer que l’on pourrait vivre la vie de ce mot, à tendre vers lui, à ne vouloir que lui. .

Quand on évoque l’un quelconque de ces mots censés désigner les hommes, on pense faire référence à un comportement commun, une vie commune, et cela semble une raison suffisante. Mais c’est faux. Ce mot aurait beau exister, s’il n’était utilisé par personne et approuvé par personne, que deviendrait-il ? On ne lui prêterait aucune vie et on ne courrait pas après. .

Hélas, tout ce vocabulaire utilisé pour désigner les hommes et qui appartient à la culture nous échappe, ne dépend pas de nous, est un héritage, correspond à un type de société, nous ignore personnellement, s’impose à nous et nous trouve faibles. Et en plus, devenu vivant, il devient l’objet d’une quête de soi. A-t-on la moindre chance de vivre une vie ainsi séparée de soi parce que propre à un concept, et qui n’existe tout simplement pas ? Non, mais l’objectif est de toujours vous faire tendre vers ;..de vous faire parler de… de vous faire penser à…de toujours prendre un mirage culturel pour modèle. 

On est dans la société (pas d’extérieur conçu. On est une fonction sociale) ou on est dans l’Homme. Dans l’Homme, cela veut dire que l’on imagine un lien entre autrui et soi. Et comme l’Homme est pris dans une philosophie d’origine chrétienne, c’est à dire que le bien en question est de ce genre, on pense qu’il a besoin de nous, que son bien dépend de nous, que nous lui devons quelque chose, que notre rapport à lui est important pour son bonheur. On se sent un devoir. STOP ! !

On passe donc son temps à se raconter l’histoire de quelqu’un qui vivrait conformément aux concepts culturels, qui feraient des efforts pour être aussi fidèle que possible aux concepts culturels, qui témoignerait de son attachement aux concepts culturels, on passe son temps à rêver d’être un autre. Très important l’esprit de quête ou la recherche. L’abandonner aurait de grosses conséquences. Répétez en choeur : le progrès, le progrès, le progrès…plus fort !

Mais il y a mieux, ou du moins, plus  courant. Il y a la réforme. La réforme, la réforme. Pour qui,  pour quo ? Quoi que fasse un gouvernement aujourd’hui, qu’il se déplace, qu’il parle, qu’il augmente les taxes, qu’il supprime ou ajoute des lois, c’est la réforme. Mot magique qui fait taire tout le monde. C’est la tarte à la crème. Elle est rance cette tarte.

P.S. La perfection n’existe pas, mais quand même, parfois, on s’en approche comme par exemple l’interprétation du 2eme mouvement du 2nd concerto pour piano de MENDELSSOHN par Roberto PROSSEDA.

p.s. Youtube est un gros con, une vrai salaud en foutant de la pub en plein milieu d’un mouvement. Qu’il crève !

12345...156

CGT-Energie Anjou 49 |
Bella et le syndrôme " BALBOA" |
Jeunes dans la ville |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Pensée..!?
| targuist
| Gabon, Environnement, Touri...