LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

17 juillet, 2017

DELIRES D’EVANGILES

Classé dans : Purete — inconnaissance @ 17:20

La vie est une quête incessante de permanence. On voudrait faire durer beaucoup de choses (les sensations comme indiqué précédemment, les objets, les sentiments, les idées, les personnes, certains états de conscience, les intuitions  etc) . Comme s’il y avait en nous un besoin inné ou profond de choses qui durent. Comme si l’impermanence, l’éphémère, le passager, nous étaient insupportables. Et la lutte ne cesse pas entre l’impermanence et le besoin de permanence.

Ce ne sont pas les sens ou les sensations eux-mêmes qui vont produire ou accueillir du permanent. On compte sur la pensée. Mais qu’est-ce donc que cette permanence fournie par la pensée et que vaut-elle ? Pour mettre tout de suite en évidence un excellent moyen de créer du permanent, prenons France Culture (grand réservoir de novlangue c’est à dire de concepts surdéterminés par une certaine culture officielle et grand producteur de vérités établies) on lit par exemple : « Il y a de la poésie et de l’humour mais aussi un regard fort et ferme sur notre société dans la collection d’Agnès b. » Nous avons là des concepts éternels « poésie », »humour » mais aussi une création en acte de quelque chose de permanent «  regard fort et ferme »

Le permanent est indépendant du réel, de ce que l’on peut observer dans différentes situations, à différents moments. C‘est une pure idée que l’on peut coller sur des objets aussi divers et changeants que possible. Elle survit aux changements des objets qu’elle concerne. Qu’est-ce qu’une pure idée ? Simplement un signifiant, un signal sonore ou visuel que l’on aurait quasiment déifié, que l’on adore et auquel on attribue une véritable existence . A partir de là, on peut gloser sur le sens qu’elle peut avoir. En créant le mot, le mot qui généralise, on peut le relier à toutes sortes de situations qui se ressemblent et pas à d’autres. (« C’est pas drôle » disait Dominique STRAUSS-KAHN à Stéphane GUILLON. Ne pas classer dans humour. France Culture a-t-il fait une émission sur le rapport de la phrase de GUILLON avec l’humour ? Je ne crois pas. Il y avait de quoi faire parler des philosophes) Sujets de dissertation : et si ce qu’on appelle poésie, n’était pas, quelque fois, de la poésie ? Vous avez 3 heures.

Du point de vue du signifiant, en partant de lui comme point de ralliement, on peut disserter à l’infini sur ses significations, son histoire, ses rapports aux situations. C’est un jeu auquel on peut se prêter avec talent. Il y a de la matière. De plus en plus d’ailleurs. .Mais si le point de ralliement disparaît. Catastrophe ! Insupportable, incompréhensible Alzheimer. Pour l’entourage. On peut aussi prendre un autre point de ralliement. Attention ! Si vous faites cela, c’est la guerre. (L’apostasie est punissable de mort dans certaine religion, dans une autre, qui s’est fait une raison, elle trouve qu’il y a du signifiant A dans le signifiant B.. Et elle ajoute, maline, pourquoi aller vers le signifiant B s’il y a du B dan A ? )

La création en acte de quelque chose de permanent, c’est le jugement. Quand les adjectifs « fort » et « ferme » sont associés à regard, ce dernier n’est plus une fonction organique, des bâtons et des cônes stimulés, mais une qualité devenue idée, une nature impalpable, et permanente. (force et fermeté du regard) Fort et ferme, je vous le dis, cela va fonctionner sur des tas de choses, et tout le temps. Sujet de dissertation : à quoi aujourd’hui pouvez-vous attribuer les caractères réunis de force et de fermeté ? Vous avez 3 heures.

Tout ce que l’on qualifie de fort et de ferme passera, mais l’idée de force et de fermeté, elle, ne passera pas. Elle servira toujours. L’expression devrait vous dire quelque chose.

Les raison que l’on se donne ou que l’on donne quand on veut expliquer, justifier une action, une décision, une parole, un sentiment, un comportement, une réaction n’importe quoi risquent fort de ressembler à des idées pures auxquelles la société souscrit et auxquelles elle fait référence très souvent. Mais quelle différence entre elles et le collectif comme raison ? Ces raisons sont, notamment, les normes sociales et la morale. Quelle différence entre l’idée pure de poésie, de charité, de loisir etc et la nature collective de ce qui nous détermine ?

La raison est rarement du genre : parce que cela m’est agréable, parce que j’en ai envie, parce que cela va me rapporter ceci ou cela, mais d’un genre qui sera reconnu, approuvé, par tout le monde. Une idée comme ci-dessus.. Exemple : « C’est important de maintenir le dialogue pour que les Etats-Unis puissent réintégrer le champ de l’action contre le réchauffement climatique et jouer le jeu du multilatéralisme «  déclarait Emmanuel MACRON. C’est sincèrement bien dit. Donc les idées pures ou les causes collectives sont : le dialogue, le multilatéralisme. D’accord, on sait que les points de vue des uns et des autres sont quelque peu différents sur un sujet donné. Mais au moins, on a le signifiant auquel tout le monde se rattache. Et c’est de notre fidélité au signifiant que l’on veut témoigner. C’est lui que l’on met en avant. Mais en réalité, tant qu’on en reste là, on n’a pas avancé d’un pouce. C’était facile.  Il reste à concrétiser. Pouvait-on concrétiser (continuer à parler et à prendre en compte les points de vue des autres ? ) en se passant de ces signifiants ? Peut-être que c’est ce qu’ils vont faire. Peut-on dire cela sans le faire ?. Evidemment oui.

Ces idées pures, permanentes (parce que le signifiant est reconnu aujourd’hui, demain et après) , auxquelles on se raccroche, qui servent à se justifier, qui fournissent des raisons d’agir, de parler, etc ont comme avantage de nous faire nous sentir permanents. Cela ressemble à une vérité, cela rassure. On peut penser à une certaine continuité (le contraire de l’impermanence) de notre part.  Et c’est bien cela que l’on recherche.  (C’est une différence fondamentale entre la parole et la musique, la première émet des éléments qui sont destinés à durer, la seconde non. Heureusement qu’il ne nous vient pas à l’idée de nommer chaque seconde, chaque demi-seconde, chaque dixième de seconde d’une musique. Heureusement qu’on ne pose pas une étiquette sur chaque instant de grâce :  https://youtu.be/ypWVVy2Jxrw?t=2  )

Il y a eu des malins qui l’ont compris. Et il y a des plaies qui en font des tonnes dans le domaine. Des tonnes. C’est notre civilisation qui en est arrivée là. Mais invoquez une idée pure peu ou pas connue pour vous justifier (exemple une religion rare) et vous verrez l’embarras.

Tout cela ce sont des images, des sortes d’aperçus sur lesquels il ne faut surtout pas s’arrêter, qu’il ne faut surtout pas garder en mémoire et dont il ne faut surtout pas, surtout pas faire quelque chose.

Individu/Société. Il n’y a pas de continuité dans l’individu (en dehors de celle qu’il fantasme). Il n’y a pas de société sans continuité (sauf que celle-ci ne cesse de se décomposer)Ils sont irréconciliables.

Vous avez dit pureté ? Celui qui aurait dit « ne jugez pas et vous ne serez pas jugé » et qui a passé son temps à employer des signifiants auxquels il ne fallait associer que du divin et de la sainteté, n’a pas cessé de juger. Normal, de la même manière que celui qui fait la loi est au-dessus de la loi et s’abstrait de la loi, celui qui porte des jugements est au-dessus des jugements et s’abstrait des jugements. (les critiques, dans un domaine particulier, les autorités, les prédicateurs le savent bien) Si bien qu’il est préférable pour nous de porter des jugements . Si on ne le fait pas, on sera victime de ceux qui le font, si on le fait, on monte en grade. C’est l’impunité. Dans les évangiles, les jugements se succèdent. Pour juger, il faut un point de comparaison. Ces points de comparaison, omniprésents seront toutes les idées pures qui désignent le divin et la sainteté .Toutes les raisons d’agir, de décider, de parler etc doivent avoir comme raison, comme justification, une telle idée Une idée plus abstraite, plus pure, plus incorporelle, plus déconnectée de la réalité que cela, tu meurs ! C’est la meilleure des idées pures, des idées sans tâche, des idées hors de toute atteinte, on la fera correspondre au signifiant Dieu. Je ne suis pas digne de dénouer les courroies de ses sandales. Notre Père qui es aux cieux, soyez parfaits comme votre Père du ciel est parfait, le plus grand d’entre vous, sera votre serviteur (histoire de comparaison) (on doit se nourrir, se loger, déféquer saintement pour adorer Dieu)

Quel point de comparaison pour les idées soulignées «  Ce qui sort de l’homme, voilà ce qui souille l’homme car c’est du dedans, du cœur des hommes, que sortent les desseins pervers, débauches, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, ruse, impudicité, envie,diffamation, orgueil, déraisons » vous avez 3 minutes. Hélas, c‘est très sérieux. Il faut partir en chasse puisque c’est parole d ’évangile..

Il ne serait pas impossible de remplacer le mot Dieu ou Père du ciel par Satan, et sainteté par vice. Il ne serait pas très difficile de montrer que cela fonctionne aussi bien. « Satan pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé. Satan aime que nous présentions la joue gauche si on nous frappe sur la joue droite, que l’on vende tous ses biens pour le suivre, que l’on soit doux et miséricordieux, pour être une victime toute désignée, que notre main droite ignore ce que fait notre main gauche, que l’on ne fasse pas de différence entre regarder une femme avec de la convoitise et commettre l’adultère dans son cœur. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré Satan vous en saura-t-il ? Satan n’apporte pas la paix sur terre, mais l’épée (les parents s’en prendront à leurs enfants et réciproquement )Satan dit qu’il ne faut pas craindre ceux qui peuvent tuer le corps mais pas l’âme.  Si vous invoquez Satan ensemble, il est au milieu de vous etc)

Le vice. Le publicain se frappait la poitrine en disant O Satan, sois apaisé envers moi qui suis un pécheur . Beaucoup viendront de l’Orient et de l’Occident et prendront place au festin avec Satan, tandis que les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres extérieurs.

Que je sache, désobéir à Dieu, c’est obéir au diable. Tous les jugements désignent ce qui se passe quand on obéit au diable. Le comportement diabolique est une création de l’idée de sainteté et de divinité. Avant, il ne l’était pas. Donc cette idée est satanique. .

Les signifiants sont interchangeables, et ce ne sont pas tous ces ecclésiastiques pédophiles (plus de 4400 cas de pédophilie signalés, et quand on sait l’omerta dans ce milieu, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg) et plus globalement l’histoire des religions qui prouvent le contraire. Quand on refoule le corps, la vie, les désirs, quand on vit dans un univers complètement éthéré, voilà ce qu’il se passe. Ce sont les méfaits d’une doctrine invraisemblable, antinaturelle, morbide, nocive.(vous voulez encore leur confier vos enfants ?)

Dieu ? Trouvons intéressant, précieux tout ce qu’on dit à son sujet, explorons les effets de ces discours mais faisons disparaître l’idée pure ou le signifiant, qu’ils n’existent plus comme objet de pensée. Cela revient à considérer que ce mot n’existe, que dans la pensée des uns et des autres sous des formes diverses et changeantes ou comme un truc purement personnel.. C’est tout. Un peu comme le père Noël des enfants, pour l’adulte.

Pensez-vous vraiment que sans cette soif de continuité ou d’une identité pérenne, on se laisserait captiver, posséder par ces créations d’idées pures dont on se sert ensuite comme de réalités pour raisonner ? Et plus on épouse la société, plus cette soif est grande pour la raison suggérée plus haut. Moins il y a de religion, et moins l’idée du signifiant est pure. (Comparez l’âme pour la religion, et l’âme dans l’usage courant, l’usage philosophico-sentimental.  Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?)

Ce qui se passe en chacun d’entre nous ne peut pas être objectivé puis institué., essentialisé, purifié et généralisé… et la charité par ci, et l’amour par là, et le courage par ci, et la jalousie par là, la créativité par ci et la haine par là, l’orgueil par ci et l’humour par là, l’impiété par ci et l ’art par là, les militants par ci et la vertu par là, le modèle social par ci et la tradition par là etc ces trucs qu’on colle partout, en toute occasion, impunément, comme s‘ils existaient . Laissons cela aux baratinieurs

«  Le créateur aspire à conquérir la nature, le parasite aspire à conquérir l’homme « (RAND)

(p.s. du 24 au 28 juillet, l’émission « Avoir raison avec » sur France culture était consacrée à Ayn RAND. Après trois émissions délibérément malveillantes de la part du présentateur Xavier DELAPORTE, des lecteurs ont fourni des témoignages et des arguments très intéressants dans les deux dernières. )

wang 

 

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