LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

27 novembre, 2017

OUBLIE-MOI

Classé dans : Fracture — inconnaissance @ 21:22

Nous sommes des êtres très sensibles, extrêmement sensibles depuis le début. Sensibilité : par ce mot je ne fais que désigner la façon qu’a la vie, en nous, d’être au monde, depuis que nous sommes sur terre. Nous avons toujours désiré – mais ce n’est qu’une façon de parler – être heureux, être aimé, être bien, être avec, et souhaité développer ces facultés d’être tout cela encore davantage. Ce n’est pas de l’égoïsme, c’est organique.

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et ontologique. (sinon, pourquoi l’idée de paradis fonctionnerait si bien? ) Mais pour que ce soit possible, il ne faut pas que le monde soit notre ennemi. D’où une démarche propitiatoire plus ou moins puissante selon notre nature d’individu. Et il ne faut pas se fourvoyer dans notre rapport au monde.

Deux grands obstacles à notre succès donc : la personne et l’hostilité de la société.

Que peut-il se passer, là, sans qu’on y prenne garde ? Avec l’apparition discrète, insidieuse, d’un ou de quelques buts pour l’être, l’espace illimité et impersonnel de la conscience se réduit progressivement à la dimension d’une personne en responsabilité d’un libre-arbitre.

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La focalisation alimente continuellement l’idée d’être un centre, et l’idée d’être un centre alimente l’idée d’être une personne. Où que vous soyez, le monde est autour de vous. Il est disposé autour de vous. Quoi que vous regardiez, il y a un rapport qui s’établit entre ce que vous regardez et vous, entre votre connaissance de ce que vous regardez et la connaissance de vous-même. Et puisque tout ce que vous voyez fait quasiment cercle autour de vous, le monde qui vous entoure pourrait vous envisager, c’est à dire que la connaissance que vous avez de ce qui vous entoure vous donne à penser, vous conduit à vous penser, et à vous penser comme le centre. Vous pensez que le monde ou les autres vous pensent alors que ce ne sont que vos pensées (les pensées que secrètent vos connaissances)

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La vérité, c’est que nous n’avons jamais voulu être mis ainsi au centre ou sur la sellette. Nulle part en particulier, et partout, c’était ce que nous étions naturellement. En fermant les yeux et en n’écoutant que les sons, nous ne sommes déjà plus tout à fait un centre, mais un espace sensible.

Cette façon d’être au centre est pensée. On se pense au centre, surtout quand on est dans un groupe. Que l’on nous regarde, ou que l’on nous ignore, c’est la même chose : cela peut être la pensée qu’on nous regarde ou qu’on nous ignore, on est celui qui est regardé ou ignoré. Oubliez-moi aurait-on envie de dire. On préférerait être partout et nulle part (comme les électrons)  et faire sensibilité de tout bois.

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Mais on est assailli de raisons de nous penser – cela vient de partout autour de nous – parce qu’on est appelé à faire des choix, le choix de ce qui est bien ou le mieux. Et on les fait en fonction de ce que nous avons contracté comme buts pour notre être. (que dois-je penser du fait qu’on me regarde ou qu’on m’ignore ? C’est bien ou c’est mal ? Cela dépend du but pour l’être qui est actif ) 

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Donc on fonctionne comme une personne. Identité connue.

Pourtant, on n’a jamais souhaité, au fond de nous, avoir de relations inter-personnelles avec toutes les responsabilités que cela suppose. Rendez-vous compte, pour cela, il faut avoir pris connaissance de tout ce que les psychologues racontent, de tout ce qui se dit dans la société, de tout ce qui est à l’ordre du jour, de tout ce que les religions ou les spiritualités ou les moralistes disent. Prenons le cas d’une relation amoureuse. L’amour est un concept. Le couple est un concept. Le mariage est un concept. La personne est un concept. (Avez-vous tout bien enregistré ? )

Vos sens ne vous diront jamais ce que c’est. Si vous descendez en vous même, au cœur de votre conscience, vous ne trouverez pas ce que c’est. Pour savoir ce que c’est, il faut lire, écouter etc Puis penser. Après vous vous penserez avec toutes ces idées socioculturelles d’un milieu, d’une époque, d’une culture.

Et vous rencontrerez quelqu’un d’autre qui aura fait la même chose, mais qui sera parvenu à un résultat plus ou moins différent. Et ces deux personnes, produits de la pensée, entreront en relation. Plus il y a des pensées, plus il y a de responsabilités, plus il y a de raisons d’être en faute ou dans son tort, plus il y a de choses à faire pour corriger le tir.

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Si la relation était purement inter-personnelle, elle ne durerait pas longtemps. On dirait vite à l’autre : oublie-moi. (c’est à dire : arrête de me voir et d’attendre quelque chose en fonction de tes idées ) Tiens, c’est bizarre, la personne ou le libre-arbitre est à bout !

Mais il y a l’être sensible qui .désire toujours être touché, être heureux, être aimé, être bien, être avec et pour qui quelqu’un d’autre est la possibilité de déployer toute sa sensibilité, parce qu’on est plus sensible à ce genre d’être qu’à un bel objet. Mais ça, c’est organique, ontologique, impersonnel, inconditionnel. Ce n’est pas la personne qui fait cela, ce n’est pas avec une personne que l’on fait cela mais cela peut nourrir la relation-interpersonnelle.

La personne, elle, ne mérite pas qu’on soit sensible avec elle. Avec elle on peut fonctionner comme un ordinateur.

Quand on se prend pour celui que les pensées pensent, on a peur que notre vie soit menacée, détruite, ou abîmée si ce personnage est menacé, détruit ou abîmé. . La défense de celui que l’on croit être devient presque une question de vie ou de mort. On souffre à travers ce personnage. J’aime ma femme, ma femme s’est mise à me haïr, je me tue. Quand on n’est pas une personne que la pensée pense, la vie n’est pas impactée par ce que racontent les pensées, on ne craint rien quand ces pensées sont mises à mal..

Il nous faut, pour être accepté, aimé par les autres, pour pouvoir déployer notre sensibilité, savoir où nous mettons les pieds afin de nous adapter. C’est la recherche du savoir sur les autres et sur soi. Tout ce qui ressemble à du savoir nous intéresse. C’est pourquoi on accorde tant d’importance au savoir que l’on peut recueillir sur soi-même, au savoir sur nous-mêmes que les autres produisent. Si je crois que j’ai bien compris les connaissances de moi que la société me renvoie, je peux croire que nous pensons bien au même moi-même. C’est la personne dont je me raconte l’histoire. Et encore, et encore, et encore….

Me raconter mon histoire : https://youtu.be/MenIhT7umeM?t=1400

Mais tout cela suppose, évidemment, que les autres peuvent me connaître, que je peux me connaître moi-même, produire un savoir valable, juste. Savoir qui je suis. Toute cela repose sur la croyance intime, têtue, que je peux savoir qui je suis , que je dois donc savoir qui je suis. Est-ce vrai ? Tout savoir sera le résultat d’un système de pensée fautif et passager. Tout savoir exclut le changement. « Vous voulez savoir ce que vous êtes. Le problème est là. Vous n’avez aucun moyen de savoir, vous ne pouvez pas le savoir. «  (UG) . De la même manière, on pense pouvoir connaître les autres pour pouvoir compter sur ce savoir et nous y adapter. On ne peut pas connaître les autres. Il est vain de croire que l’on peut savoir comment s’adapter aux autres. Ce désir n’a plus lieu d’être. Pas de recherche, s’il n’y a pas de soi que l’on puisse connaître. La recherche est servitude. Tout ça est un jeu.

Le penseur-pensée ou le libre-arbitre ou la personne est indissociable d’une image de soi. Puisque la pensée ou le sens qui permettent de donner une identité à cette personne sont toujours constitués de généralités, puisque cette personne est une généralité, il faut l’imaginer. On peut être sûr, archi-sûr, que si une image de soi apparaît dans la conscience (une image mentale de soi) , elle est en décalage par rapport à ce qu’on est, elle est là pour créer une comparaison. Mais ce n’est qu’une chimère. Tout simplement parce qu’elle est le produit de cette idée générale, théorique, idéologique, (c’est avec cette idée générale, théorique, idéologique qu’on se pense). En tant que telle, elle ne ressent strictement rien, elle n’est consciente de rien. On n’a jamais vu qu’un individu en chair et en os, singulier, vivant, pouvait devenir une image non-vivante, dont le sens est général. Ecorcher, attaquer une telle image, ce n’est pas écorcher, attaquer une sensibilité.

Donc l’image de soi qui apparaît fait partie de ce qui vient spontanément à la conscience. Elle est ok. Le sens de cette image apparaît dans la conscience. (mon but pour l’être c’est la maîtrise de moi-même, alors je me vois impassible) C’est OK Ce qui ne va plus, c’est qu’on se prenne pour cette image et son sens. C’est bête parce qu’elle n’a aucune réalité. (Impossible, d’ailleurs,de vouloir supprimer ce qui n’existe pas.)

Mais puisque tout cela est parfaitement indépendant de notre volonté ou de nos choix, il est également clair que personne n’est en faute, par rapport à la maîtrise de soi. Et, généralement, la paix intérieure ne produit pas de violence à l’extérieur.

Exister. Si ce qui apparaît spontanément à la conscience, si nos façons d’être touchés, ne correspondaient pas à ce que l’on est, à notre façon d’être vivant, cela n’existerait tout simplement pas. Si c’est là, c’est parce que c’est conforme à ce qu’on est. Notre sensibilité est activée . We are what we are. C’est seulement la pensée qui, un instant plus tard, intervient et pour des raisons idéologiques, systémiques, voudrait que cela n’existe pas. Mais ce qui n’existe pas, ce sont les personnages qu’elle crée. De même que le monde n’est plus centré sur soi et ne tourne plus autour de soi, l’image de soi ou le penseur-pensé, est un élément parmi tous ceux qui passent dans la conscience. Il n’est pas soi.

Un mode hostile.

Ce qui nous menace, ce ne sont plus les tigres à dents de sabre ou les reptiles. Ce qui nous menace n’a ni pattes, ni griffes, ni dents.

On pourrait très bien vivre sans un nombre considérable de concepts qui n’ont aucun référents réels dans la nature. On pourrait très bien vivre sans les concepts de je, de moi, d’âme, d’homme, de transcendance. Cela aurait quelques avantages. Sans l’idée de je ou de moi, une pensée ou une sensation n’est pas rapportée à je ou à moi. Elle n’est pas personnelle. All we need is love ? Chantait les Beatles. Non !. Tout ce que nous voulons, c’est ce qu’est censé nous apporter l’amour. C’est ce que l’on est. Et justement, on vient nous dire que ce que nous voulons, c’est l’amour. Quelque chose de nommé, d’objectivé, de général, de culturel.

Ah vous voulez être heureux ? Ah vous êtes dans la propitiation ? Eh eh ! Alors voici les conditions :

Dans un premier temps, avant d’être touché, il faut d’abord que ce soit les autres qui le soient On ne doit être touché que par ce que ressentent les autres. Votre but pour l’être sera l’altruisme, l’abnégation, le désintéressement, le renoncement à soi.

Dans un deuxième temps, seul le ressenti des autres que des raisons particulières autorisent peut nous toucher Votre but pour l’être sera le bien tel qu’il est posé (je ne suis pas touché par tes cris, ça ne fait pas très mal, c’est pour ton bien. Ou je suis touché par tes cris, ça te fait mal, c’est pas pour ton bien.)

Dans un troisième temps, il faut pouvoir être sûr que ces raisons sont bien autorisées . Le but pour l’être sera : le maître, le sage, le Père, auprès desquels s’instruire.

Dans un quatrième temps, il suffira de nous fournir des raisons autorisées d’être touché pour que l’on se sente un devoir de l’être. Votre but pour l’être, c’est le culte des valeurs consacrées. (c’est beau ! Hein ? Je dis c’est beau ! Ah oui, c’est beau! Vous ne pensez pas ce que vous dites, vous n’êtes pas un bon [ ]..je vais vous dénoncer)

Alors c’est la dépendance totale, la quête terrible de ce qui, à l’extérieur de nous, indépendamment de nous, devrait éveiller notre sensibilité. Et nous voilà complètement exilés de nous-mêmes. A quelles raisons objectives, indépendantes de nous, nous sentons-nous liés pour éprouver certains de nos sentiments ? A quelques valeurs sociales ou autres je présume. Souhaitons-nous vraiment prendre soin des instruments de notre asservissement : l’altruisme, l’intérêt général, le culte des maîtres, les valeurs en vigueur ?

Alors ces valeurs générales, vues comme séparées de soi, contiennent pourtant soi : un soi imaginaire que l’on veut ou doit être (soi « altruisme », soi « bien général », soi « fidélité au maître », soi la « valeur ») . Il y a donc une fracture en soi-même entre ces deux soi. Conflit. Toutes les occasions de mettre du soi hors de soi sont des occasions de se fracturer. Pour réduire cette fracture pénible, l’esprit bricole un ersatz de soi, qui prétend parvenir à atteindre les objectifs visés. C’est la personne, émanation mentale de ce que l’on est en totalité. Elle voudrait supplanter la conscience ou la sensibilité, mais ce n’est pas possible. Et cette personne ne pourra jamais être libre des « buts pour l’être » qu’elle veut atteindre, elle leur doit son existence. Tant qu’il y a séparation entre soi et un autre soi objectivé, une personne sera en recherche. Soi dans sa totalité s’en fiche et ne bougera pas le petit doigt, il englobe tout y compris l’autre soi, les buts pour l’être, la personne. Il est sensible à tout. Il y a seulement une souffrance qui n’existerait pas s’il n’y avait pas cette fracture et ce conflit.

On croit qu’on est malheureux parce qu’on n’a pas l’amour d’untel ou d’une telle. Qui est concerné exactement, ? Celui qui est concerné est peut-être une création de la pensée qui n’a pas d’autre origine que ce qui se dit, se raconte, s’écrit dans la culture. Celui qui est concerné voulait aimer ce que la société prescrivait d’aimer pour être aimé par la société. Dans ce cas, c’est la personne. Ce n’était pas l’amour d’untel ou d’une telle qui nous importait à nous, c’était le fait d’être aimé pour être aimé par la société qui importait à notre image de nous-même.

La vie des hommes pose constamment un problème à ce prétendu savoir sur la vie. D’abord parce que cette vie n’obéit pas aux plans, aux dogmes de ce prétendu savoir, ensuite parce qu’étant impossible à connaître, la vie échappe à toutes les entreprises pour la comprendre. C’est la raison pour laquelle le monde est notre ennemi. Il sert ses intérêts, les intérêts du système de pensée ou de l’ordre établi en vigueur, pas ceux de la vie qu’il ne comprend pas et ne peut pas contrôler.

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La pensée est un héritage culturel. Elle est liée à une culture, elle a la valeur ou la pertinence d’une culture, elle a pour fonction d’entretenir le système culturel dont elle est issue . Il y a la pensée chrétienne, la pensée bouddhiste, la pensée communiste, la pensée humaniste, la pensée libérale, la pensée morale d’une époque et d’une société etc De très nombreuses expériences ont montré que l’on peut déprogrammer et reprogrammer les gens en grande partie. Tout ce que la pensée fait, c’est dérouler son programme, rappeler ses principes, asséner ses conclusions. Ses présupposés ne sont jamais remis en cause. L’idée de la destruction de certains de ses dogmes ne nous effleure même pas.

Or la culture semble avoir gagné la partie. Créer une personne correspondant aux buts pour l’être qu’elle peut choisir. Les modifier à volonté, les rendre toujours plus nombreux et exigeants, c’est contrôler cette personne, la manipuler à loisir. Affoler son libre-arbitre. Il suffit que les gens se demandent comment vivre pour qu’ils adoptent les buts pour l’être qu’on leur aura concoctés. La poursuite de ces buts, c’est précisément la continuité du système. Si ce n’est que la civilisation est en voie de s’autodétruire et d’emmener les hommes à la catastrophe.

Non, toucher quelqu’un, ce n’est pas toucher « quelqu’un », c’est avoir la sensation que nous donne le fait de toucher quelqu’un. En ce sens, autrui, c’est nous. Ecouter un concert de MOZART, ce n’est n’est pas écouter un concert de MOZART, c’est ressentir l’émotion que nous donne un concert de MOZART. Être vexé par la réflexion de quelqu’un, ce n’est pas être vexé par la réflexion de quelqu’un, c’est sentir l’effet sur l’image de soi d’une réflexion. Être ému , c’est être ému sans obéir à une raison d’être ému . La personne, ce n’est pas une personne, c’est être touché par les histoires de la personne etc Quelle que soit la façon dont je suis touché, je suis la réalité de tout ce qui me touche. Pas de soi hors de soi. Tout ce qui est un objet de conscience n’est qu’un objet de conscience, ce n’est pas toute la conscience. Je suis tout. Dire : ceci n’est pas assez, c’est avoir perdu la conscience du tout.

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