LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

17 mai, 2017

LA SERVITUDE REND LIBRE

Classé dans : Libre-arbitre — inconnaissance @ 14:11

Knechtschaft macht frei

Les explications que l’on se donne ou que l’on nous donne au sujet de ce qu’on ressent, de ce qu’on est, de ce qu’on fait, sont biaisées au sens de « manoeuvres habiles ». Elles servent une doctrine (morale, psychologique) un système (politique, philosophique) bien plus qu’elles ne permettent de dire la vérité des choses. Un terrible exemple en a été donné par l’inscription à l’entrée du camp d’Auschwitz : « Arbeit macht frei » Mais on peut penser à beaucoup d’autres choses comme la prééminence de l’explication sexuelle dans le freudisme ou les considérations qui justifient l’accueil illimité d’immigrés. Ces explications ont pour but de renforcer une doctrine ou un système et elles utilisent le matériau qu‘on leur propose . Quoi ? Vous vous sentez opprimé ? Le marxisme etc Quoi ? Vous éprouvez un manque à être ? Dieu etc La réponse ou la solution est déjà là, toute prête . Les réponses ou les solutions sont là depuis très longtemps. C’est un peu comme si on voulait farcir des marrons (nous) avec une dinde (la pensée) plutôt que de farcir une dinde avec des marrons. Pire peut-être, l’ordre établi, les mœurs nous font faire des choses pour lesquelles on n’était pas du tout fait.

Quand une théorie scientifique est démentie par les observations et les mesures, on change la théorie. Quand un système ou une doctrine est démenti par les effets qu’il a sur les individus ou les résultats qu’il donne, on dit que c’est la faute des individus, jamais celle du système . Il peut avoir fait la preuve de son inefficacité voire de sa nocivité pendant des siècles, des millénaires, ça ne fait rien. On ne change pas une équipe qui perd. .

La grande différence, c’est qu’on a inventé le libre-arbitre, la volonté propre quand il s’agit des individus. Les phénomènes et les mondes décrits par la science n’ont aucun libre-arbitre, aucune volonté propre. On ne peut les accuser de rien. On ne peut pas leur demander de faire un effort. Il n’en est pas de même avec les êtres humains. Toute la philosophie, toute la psychologie et toute la religion reposent sur l’idée qu’on est plus ou moins l’auteur de ses actes, de ses choix. C’est la base. Sinon, elles s’effondreraient. Philosophie, théologie, religion, morale, psychologie essaient de donner un sens, un visage, une explication à cette liberté individuelle ou au moins de la rendre crédible, compréhensible. Et la faute du détenteur de ce libre-arbitre s’ensuit que l’on nommera de multiple manières. Ce détenteur est celui dont on parle sans quasiment jamais le citer. « La solitude et l’amour sont des questions humaines essentielles. Mais de quoi parle-t-on ? S’interroger sur le rapport à la solitude amène à questionner le rapport à l’autre et à l’amour, du point de vue psychanalytique et dans une perspective sociale, où ces concepts régissent la vie collective «  lit-on sur France-culture. Oui de quoi parle-t-on ? De l’homme en général ? De qui parle-t-on ? Du rapport de qui à la solitude  ? Du rapport de qui à l’autre  ? .De vous ? Qui est seul ou qui aime ? Allez dissertons sur la perspective sociale et la vie collective .

Les objets que la science étudie ne pensent pas. Ah la pensée ! Grâce à la pensée qui invente des mondes, des situations, des logiques, des cohérences théoriques, hypothétiques, sans avoir à prouver illico leur véracité, (comme ci-dessus) on peut concevoir un être humain, un individu pourvu des attributs nécessaires. Le fait que l’on ne puisse pas apporter la preuve que cette conception est fausse suffit. Le monde de la pensée donne raison à la raison, sans jamais se soucier de prouver que nous obéissons à cette raison-là, que nous sommes dotés de cette raison-là. C’est pourquoi si on pouvait connaître scientifiquement la pensée et son fonctionnement, ce serait la fin de l’homme tel qu’on le conçoit.

Il y a pourtant une constatation simple à faire qui démystifie le libre-arbitre. La constatation est la suivante. Cet instant précis, là, immédiat, n’est pas le résultat d’un choix, d’une volonté propre. Il est trop bref, trop vif pour cela. Non cet instant découle de ce que l’on est, de sa propre nature en interaction avec le monde. Or la vie est-elle autre chose qu’une suite ininterrompue d’instants présents. On est toujours à l’instant présent, jamais l’auteur de sa propre vie, l’auteur de chaque instant présent. Mais les intentions ? Mais les décisions ? Mais les efforts ? Mais les choix ? Mais la réflexion ? Cela aussi fait partie de l’instant et de ce qui nous détermine à l’instant. Cela aussi fait partie de notre fonctionnement, un fonctionnement qui n’attend pas notre décision pour fonctionner.

Ce qui n’existe pas maintenant n’existe pas pour nous. Ce qui surgit à cet instant n’obéit pas à notre volonté. Existe-t-il autre chose que ce qui surgit à l’instant ?. Nous n’avons qu’un seul esprit, et non pas deux dont l’un nous permettrait de commander à l’autre. C’est toujours notre propre esprit qui fonctionne et nous sommes dedans. Ou comme disait UG : « L’instrument dont on se sert pour se libérer de la chose appelée esprit (ou de certains aspects de cet esprit ndr) est l’esprit. Il n’y a rien d’autre qui s’appelle esprit autre que ce que vous faites pour vous libérer de l’esprit «  On ne peut être en dehors. Le seul changement qui peut agir sur nous de façon imprévue, ne peut venir que du monde qui nous entoure.

Or, on ne peut pas se sentir responsable d’une chose si on n’y est pour rien. Pourquoi se sentir responsable d’une inadéquation au monde – réactions inappropriées - puisqu’on n’y est pour rien ? Pourquoi même – comble de l’iniquité- se sentir responsable de la souffrance que nous cause cette inadéquation ? Parce que la pensée de responsabilité issue d’un système, en rapportant la vie à ce système dont le libre-arbitre est le pilier, surgit. Et je gage que vous n’avez pas choisi d’avoir cette pensée culpabilisante.

Doctrines et théories fournissent des alibis très convaincants à ce que nous appelons nos choix et qui consistent toujours en ceci : choisir le bien parmi différentes options plutôt que le mal, étant admis que le bien existe. . Mais si on peut parler de libre-arbitre, c’est parce qu’il peut y avoir un temps pendant lequel la détermination n’a pas joué. Quand elle intervient, on n’est pas l’auteur de celle-ci. En revanche, on peut être influencé par une doctrine ou une théorie qui orientera nos réactions et nos interprétations du monde sans que nous nous en rendions compte. Du rapport de qui à l’autre et du rapport de qui à l’amour déjà ? De qui  si rien n’est le fruit d’une décision personnelle. ? .

Ainsi, la question du bien ne se poserait pas si on ne se pensait pas (si on n’était pas l’objet de la pensée) autrement dit si on fonctionnait conformément à notre nature et ses interactions, moins la pensée d’un décideur. On se pense avec une idée du bien et du mal, du correct ou de l’incorrect etc avec l’idée qu’on choisit. Et le simple fait que ceci soit vu comme bien et cela comme mal (alternative) , suggère que nous avons la liberté de choisir ce bien. Le décideur-soi, en tant qu(‘objet de pensée est dans le schéma de pensée. Ne plus penser ni au bien ni au mal, c’est faire disparaître le fameux détenteur d’un libre-arbitre ou d’une volonté propre puisque sa fonction même est d’être libre de choisir entre le bien et le mal. (on peut aussi faire une pause dans la pensée du bien et du mal et donc dans la présence de ce détenteur de libre-arbitre en agissant par automatisme, en étant dans une attention totale ou dans la méditation)

Pour y voir plus clair dans cette histoire de bien, de mal, d’altruisme (qui est censé être le bien des autres ), il faut poser la question : le bien de qui ? Et y répondre ;. C’est édifiant.

S’agit-il du bien d’une personne et reconnu comme tel par elle ? Mais il peut s’agir de son intérêt privé, de son désir du moment, de l’idée qu’elle se fait de ce qui lui manque S’agit-il du bien d’une collectivité, d’un groupe constitué  ? Mais alors c’est le bien de ce qui définit cette collectivité, de sa raison d’être. Pourquoi faudrait-il lui rendre service si on n’en fait pas partie ? S’agit-il du bien d’une cause d’une belle idée, d’un principe, d’une valeur morale ou sociale  ? Mais comment être sûr que ce sera bénéfique pour tout le monde y compris soi-même ? Car que devient une belle idée, une belle cause, un beau principe ou une valeur dans un contexte bien réel , bien précis, bien concret ? S’agit-il du bon fonctionnement de quelque machine ou dispositif créé par les hommes ? Là encore il faut être sûr qu’il ne nous nuira pas (fait-on vraiment le bien en travaillant à la fabrication de bombes ?) .Bref, non seulement la décision, le décideur, en soi, est bien obscur, insaisissable, mais en plus le bien qui va expliquer ce choix est des plus hasardeux, douteux.

Rassurez-vous, c‘est plus simple. Pour chacun d’entre nous, le bien, c’est l’opinion générale, le jugement collectif – le plus souvent intériorisé – et faire le bien c’est faire ou être comme tout le monde. (« il y avait un invité qui n’avait pas sa robe de noce.. ».) Si demain tout le monde autour de nous pensait que de tuer certaines catégories de personnes était le bien (comme autrefois pour certains Spartiates, les Ilotes) nous nous sentirions coupables de ne pas le faire. Certains diront que nous nous sentirions en paix avec notre conscience, notre éthique Mais notre conscience ou notre éthique est la dépositaire de ce que nous croyons être approuvé par tout le monde, pas de ce qui ne profite qu’à nous.. On se met alors en règle avec un autre ordre établi existant quelque part Le bien ne sera jamais ce qui se présente comme du singulier, de l’individuel, de l’unique. Si on était absolument certain qu’on est la seule et unique personne à considérer que ne pas commettre ce meurtre est bien, ce ne serait plus le bien. En conclusion, les règles ne sont pas bonnes ou mauvaises, le bien et le mal ne sont basés sur rien. Simplement l’approbation générale d’une règle quelle qu‘elle soit , lui donne sa nature de bien. C’est ainsi qu’il y a des représentants du bien : les autorités dont on pense qu’elles connaissent l’opinion générale et s’y conforment, Dieu qui est la personnification suprême de ce qui est général. Croire en Dieu, c’est croire que le général qu’il représente est la Vérité.

Pour amener quelqu’un à faire ce que l’on souhaite qu’il fasse, il faut lui inspirer l’idée qu’il se conformera à une opinion générale, à un jugement commun, même quand cette action ne touche que lui. (on peut guetter et repérer ce moment ou l’idée générale apparaît.) Exemple « Le vrai chantier en France, c’est notre rapport à la connaissance «  (Erik ORSENNA) Chantier = ce qu’il y a à faire =bien. Mais pour convaincre le lecteur, il faudra faire apparaître, après, ce qu’il y a de général dans ce rapport à la connaissance en espérant que le sujet l’intéresse. .

Ne cherchez pas plus loin l’origine du sentiment d’avoir été piégé ou d’être coincé, avec la rage que cela peut entraîner. Cela vient simplement du fait que plus rien ne vous appartient, que vous avez disparu et qu’à la place ne subsiste que cette loi générale. Et vous n’avez pas compris par quelle magie vous en êtes arrivé là. Il ne pouvait pas en être autrement. Vous étiez, dès le départ, gagné à la cause du général, de l’opinion commune.. Vous étiez déjà porté à renoncer à opposer une volonté, un désir ou un point de vue personnels, à renoncer à vous affirmer en tant qu’individu singulier. On ne peut absolument pas être libre à l’égard de quelqu’un qui serait pour nous une sorte de personnification d’un de ces présupposés, d’un truc allant de soi, si on est soumis à eux.

Tous ces représentants ou personnifications de ce qui est commun, général ont comme caractéristique commune d‘être estimés, valorisés, aimés, idéalisés par nous. Car par définition, c’est lopinion générale qui les rend estimables. (un professeur n’est estimable que parce que la connaissance est estimable) Il suffit que nous les aimions pour croire qu’ils expriment l’opinion générale que l’on aime. (si on aime un professeur, alors on pense qu’il est compétent dans son domaine, jusqu’à ce que…) Ces représentants ou personnifications doivent nous conduire sur la route de l’estime de soi. Faire plaisir à l’opinion commune ou leur faire plaisir, c’est la même chose. C’est l’énergie qui va animer notre dévouement.

Quand l’opinion générale s’impose, il est inutile de parler de libre-arbitre. L’altruiste ne peut qu’être au service de ce sentiment collectif qui le détermine déjà. Il aspire à coller à lui le plus possible, à le partager le plus possible ce qui le rend complètement esclave. Il voudrait être conscient de cette parfaite adhésion pour en jouir mais il reste obscur et il s’en attriste. Il prend ces éléments fondamentaux d’un conditionnement culturel pour la volonté de Dieu ou d’une loi suprême. L’esclave est libre, il n’a plus de volonté propre et de cas de conscience  Knechtschaft macht frei

La surdétermination ou ce que SPINOZA appelait des raisons inconnues qui nous commandent et qui nous font croire, parce qu’elles sont inconnues, qu’on est libre.

Les sens rendent compte des choses présentes et accessibles .En ce qui concerne les choses non présentes, elles sont de deux sortes. Il y a celles qui dans des conditions déterminées seront accessibles aux sens ou à leurs prolongements (instruments) et il y a celles qui sont à jamais inaccessibles aux sens. Et chacun peut savoir de quoi il s’agit. On peut dire que la pensée est notre ennemie quand ses objets sont de cette dernière catégorie. Car cette pensée-là est la victime de toutes les manipulations mentales. Et elle les véhicule. C’est cette pensée-là qui tire toute sa substance du sens ou du sentiment communs. Elle n’existe que grâce à eux. Quand le titre de « L’esprit public » sur France-culture est « Un paysage politique bouleversé à un mois des législatives «  on a envie de demander : et alors ? Où est le problème ? Pourquoi pas ? Cela devrait nous interpeller ? Qu’est-ce qui devrait nous interpeller ? La notion de bouleversement est très sujette à caution, parce que c’est juste une idée, à jamais inaccessible aux sens. On présuppose que l’ordre établi auquel on est censé tenir est bousculé. Vive l’ordre établi ! Le prédicat de cette phrase se concentre dans le mot « bouleversé » Il met en lumière par contraste le présupposé. Elle suppose que l’ordre régnait (!!?) et qu’on y tenait. L’ordre ? Mais encore ? C’est un exemple hyper-bénin. Cette pensée devient notre ennemie quand tout le monde la répète et qu’on la fait nôtre.

Le prédicat collectif, ce sur quoi tout le monde compte, ce à quoi tout le monde fait référence, ce qui a de la valeur pour tout le monde, le présupposé, nous dirige sans même que nous ayons l’idée de l’examiner. A n’imagine pas qu’il n’est pas évident pour B, B ne saurait pas ne pas marcher dans l‘histoire. (un médecin par exemple n’imagine pas que son patient n’attend pas de lui qu’il le sauve de la mort, le patient entérine l’idée qu’il attend du médecin qu’il le sauve de la mort. L’enfant n’imagine pas que ses parents ne l’aiment pas -il arrive même qu’il y croit jusqu’à succomber sous leurs coups – les parents tablent sur l’idée que leur enfant croit qu’ils l’aiment .Une « very important person » n’imagine pas que son interlocuteur ne la traitera pas avec les égards, la considération dus à son rang, l’interlocuteur n’imagine pas de se comporter autrement. C’est tout ce qui s’appelle : aller de soi. Et ce qui va de soi, c’est l’accord sur les raisons de ces présupposés. Ce sont les présupposés et l’amour de ces présupposés que l’on a respirés depuis très longtemps. Et cela s’impose, dans l’instant pour régir notre comportement.

Dites-moi un peu par quel miracle on aurait eu la possibilité de douter de jugements que tout le monde portait autour de nous (ce qui donne les stéréotypes, les préjugés, les clichés, les mœurs, les codes ou les valeurs morales ou sociales ) alors qu’il était impossible de juger sur pièce la nature de ce qui était jugé. Dites-moi par quel miracle ce qui nous permettait de nous intégrer et d’être accepté allait soudain perdre tout crédit ? (ah elle est bien comme sa mère, celle-là ! )

Qui oserait prétendre que ce présupposé et l’amour de ce présupposé sont le résultat d’un choix présent ? Qui a besoin de réfléchir pour savoir quelle attitude morale adopter avec les autres ? En général, l’idée que l’on en a s’impose d’elle-même et on lui obéit automatiquement. Quand on fait un reproche d’ordre moral ou de nature sociale à quelqu’un, on table sur le fait que la qualité morale ou la valeur sociale au nom de laquelle on juge est approuvée par tous et valable pour tous tout le temps. Nul doute que cette qualité ou cette valeur conditionne notre façon de parler et d’agir. Elle est là avant que l’on raisonne. Ce n’est pas un choix libre que l’on fait sur le moment. Si A n’est pas content du comportement de B à son égard et que son principal argument, c’est que B n’a pas respecté un code ou une valeur morale ou sociale, c’est que ce n’est pas A qui a subi un préjudice, mais la valeur morale ou sociale. Mais si A a été conditionné avec cette valeur, il n’a pas été libre de réagir autrement. Les parents ont dans l’idée que leur enfant doit les aimer. Si ce n’est pas le cas, ils accusent leur enfant – et c’est automatique – ils ne remettent pas en cause ce préjugé.

Le prédicat (ce qui est allégué, affirmé, le jugement, la conclusion) d’une pensée dont la source ou l’origine est ou a été un agent extérieur et qui fait référence est le bien. Ce mur est blanc. C’est quasiment un constat. Ce mur est trop blanc..d’où vient le prédicat trop? Est-ce que « trop » est accessible aux sens? Jamais. Ce ne sera toujours qu’une pensée. Si vous voulez faire le bien, faites en sorte que ce mur soit moins blanc Et maintenant, il reste à ajouter que ce genre de prédicat ne repose que sur l’opinion d’autrui, sur des habitudes de pensée, sur des jugements arbitraires de quelque autorité. .Et la pensée est d’autant plus notre ennemie que ce genre d’a priori sans fondement nous poursuit et nous empêche d’être heureux.

Quand sommes-nous indemnes de ces jugements qui passent pour évidents parce que communs à propos de choses à jamais inaccessibles aux sens ? Quand n’orientent-ils et ne dirigent-ils pas nos vies ? Tant que notre priorité, notre souci principal est de faire partie du monde et de nous y comporter comme il faut : jamais.

En dehors de ce qui va de soi, et de notre amour pour ce qui va de soi, que nous reste-t-il ? Quand est-ce que l’on se situe en dehors ? Quand est-ce que l’adhésion à ce qui est commun n’intervient pas ? Quand est-ce que l’idée de quelque chose de commun n’est pas présente ? BRASSENS écrivait «  mourir pour des idées, l’idée est excellente, moi j’ai failli mourir de ne l’avoir pas eue » mais du fait de notre soumission et de notre dévotion totales à ce qui est partagé, il aurait pu écrire – étant donné que tout le monde est altruiste et que l’altruisme est aussi un présupposé «  vivre pour des idées, l’idée est excellente, il faut passer sa vie à trouver ces idées «  Avez-vous décidé librement d’être altruiste ? Non, vous fonctionnez automatiquement ainsi. En revanche, comme indiqué plus haut, il ne manque pas de penseurs, de philosophes pour justifier l’altruisme, pour lui donner ses lettres de noblesse.

Ni phénoménologiquement, ni psychologiquement, le libre-arbitre ne tient le coup.

Si on n’a rien voulu, rien décidé de tout cela, pourquoi devrait-on se soucier de ce qui ne nous appartient pas, nous tracasser de ce qui arrive et dont on n’est en rien responsable ? Car même si on peut nous démontrer que notre comportement est pour quelque chose dans ce qui arrive, on n’est pas responsable de ce comportement, il était aux ordres des présupposés concernés, de présupposés dont on n’est en rien responsable. La caractéristique de tous ces présupposés ou de ce que UG appelle les pensées d’arrière-plan, est de nous déterminer sur le champ. Ce n’est que lorsqu’on n’a plus à se préoccuper d’un responsable, en soi, qu’on ne se préoccupe plus non plus d’un responsable à l’extérieur.

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