LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

23 novembre, 2017

LA CASE DE L’ONCLE MOT

Classé dans : Liberation — inconnaissance @ 12:47

Les mots, c’est à dire les catégories, les classeurs, les cases peuvent être des buts pour l’être. Et c’est comme en mécanique quantique, si vous regardez dans une case, vous vous y trouvez. Faute d’énergie, il n’y avait personne dans la case, Une personne fait son apparition quand vous vous en occupez, et elle a votre apparence. C’est pareil pour tout le monde. Si 100 personnes s’attachent à une case, les 100 personnes se verront dedans . Et la 101eme qui voit toutes ces personnes se ranger dans une case a envie d’en faire autant. Mais….

«  Les musulmans de France disposent-ils de suffisamment de lieux de culte ? » claironne FC.

Vous voyez le problème : il y aurait la case « musulmans de France » et il faudrait imaginer une longue queue de gens qui veulent entrer dans la case et en faire leur identité. Une seule identité pour tout le monde. C’est une ineptie ! . Il y a autant de musulmans différents que de personnes. A chacun sa façon d’être musulman. Il y a autant de Allah différents que de personnes. Chacun adore un Allah différent. (pas de référence commune extérieure de Allah ) Les rassembler sous un même vocable, les désigner tous avec une seule expression gomme ces différences et tend à faire croire qu’on a affaire à des clones qui ont le même désir, la même croyance. Attention, une fusion peut dégager beaucoup d’énergie. .FC veut foutre la m….. ! Ce ne sont pas les différences entre les gens qui provoquent des conflits, c’est le fait qu’on veut les forcer à avoir tous la même identité.

C’est comme cela que l’on fonctionne. Les catégories estimables pour la société et investies par nous nous procurent dans un premier temps une forme d’existence, une forme d’existence pensée à laquelle on s’attache. On fait une fixation sur elles et la société aussi. Quelle coïncidence ! Et tant qu’il en est ainsi, on se pense avec. L’investissement peut être si fort que cela peut entraîner de grandes peines voire des drames : des gens qui ne supportent pas une séparation ou un licenciement. Ils perdent une identité sociale, la valeur et l’estime de soi qui s’y attachaient.

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Ils ont l’impression qu’ils ne sont plus personne.

Il y a des catégories spécifiques à des lieux, des situations, des époques, et des catégories toujours valables. Souscrire à toutes ces caté ories, jouer le jeu du partage autour des catégories, c’est contribuer à cimenter une société. Combien de catégories estimées par la société et fortement investies par nous ? DES TONNES ! Inutile de songer à les désinvestir une par une. On n’arrivera jamais au bout. Surtout si on n’a pas été gâté par le sort.

Le ciment de la société ? Un coup de truelle ?

« Entrez dans l’espérance » déclarait un célèbre comique italien. Êtes-vous prêt à vous laisser représenter par la catégorie générale espérance ? Êtes-vous prêt à entrer dans la case espérance avec des milliers d’autres personnes, et à accepter l’idée que vous avez la même façon de vivre cette espérance qu’elles, et à laisser le comique faire croire que lorsqu’il parle de l’espérance, il parle en votre nom à tous, ce qui donnera à l’espérance une sorte d’objectivité ? L’objectivité apparente, c’est le ciment.

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Hélas, rien d’autre n’existe en dehors de la représentation que chacun d’entre vous se fait de l’espérance. Il n’y a pas une espérance qui serait une référence commune. Chacun sa façon d’honorer l’espérance s’il y tient.

Donc l’histoire de moi que je me raconte en fonction de l’espérance ne peut pas être la même que celle que vous vous racontez à vous-même ou que l’histoire de moi que vous vous racontez en fonction de l’espérance.

Ou je continue à me raconter mon histoire, à me penser en fonction de ces catégories, à me penser en fonction de la façon dont j’ai honoré ou pas ces catégories innombrables, (et ne vous inquiétez pas, la société va vous souffler comment vous devez vous la raconter) ou je ne le fais plus.

Me raconter mon histoire sous la pression et/ou en y croyant de tout coeur, ou me référer à des valeurs ou des raisons générales extérieures, c’est la même chose. Ce sont des réminiscences de tout ce qu’on a pensé de moi, et ce qu’on a pensé de moi était fonction de ces catégories. C‘est la continuité et la fortification du sujet de l’histoire.C’est l’entretien de la machine à se façonner pour plaire au groupe.

La séparation, c’est le jugement. Tout ce qui permet de juger, permet la séparation. Une catégorie ou une case implique automatiquement un espace en dehors de la catégorie ou de la case. C’est absolument fatal. (ne voulez-vous pas entrer dans ma case espoir, pourquoi rester dehors où il n’y a pas d’espoir ? ) Donc si on rentre dedans, si on reste dedans, on est séparé de ceux qui sont dehors. Terminé ! Si je me pense avec l’espoir, je me sépare de ceux qui rejettent l’espoir, d’emblée. Si je me pense avec l’espoir je me sépare de la partie de moi qui manquerait d’espoir, d’emblée. Et hélas, ce n’est pas un jeu !

Si on fait un système de cette séparation, si on lui donne de la valeur on commence par fermer la porte à la non-séparation et à tout ce qui est au dehors. Quand un projet humaniste mondial ou un internationalisme humaniste (comme FC) conduit à pratiquer, en son nom, la discrimination, l’exclusion, la condamnation d’une partie de l’humanité, il faudra, tôt ou tard, pour rester cohérent, dire que ceux qui sont exclus ne sont pas humains.On sait ce qu’on fait généralement de ces gens-là.

Et pourtant, je ne peux pas ne pas juger et condamner certains comportements. En supposant qu’il soit juste de condamner untel, le tragique veut que l’on fasse des raisons qui ont fondé cette condamnation un système, et que l’on se mette à condamner indistinctement tous ceux qui semblent rentrer dans la case, dans notre chère case. Et puis comme ça ne suffit pas, l’idée du bien au nom duquel on condamne jettera son ombre sur tout ce qui peut être concerné.

Mais on a des problèmes sans fin avec ce « sujet » du sens. On peut en arriver à trouver ridicule tout ce temps, tous ces efforts, toute cette énergie dépensés pour coller aux valeurs des autres et leur plaire alors qu‘on n’arrive pas à s’y retrouver, alors qu’on est victime de ceux qui exploitent à leur profit nos efforts et notre croyance, alors qu’on n’obtient jamais la reconnaissance voulue, alors qu’on n’est jamais à jour des catégories en vigueur dans un milieu donné, à une époque donnée etc Si on n’était pas si désireux de faire partie du groupe et donc si on pouvait laisser tomber cette propension indécrottable à vouloir se façonner pour lui plaire, il y a longtemps qu’on aurait abandonné cette quête.

Tout cela ce sont des raisons ou des explications que je me donne. Je ne fais rien d’autre que de trouver des explications. C’est même ce qu’il se passe quand on veut se convaincre soi-même et repousser le moment d’agir. Et c’est pareil pour vous qui me lisez.

On me dit ou je pense : fraternité. Oui, je connais le mot, on connaît le mot. Ce n’est pas ma fraternité, c’est la fraternité. C’est un nom commun. Mais cela ne s’arrête pas là. C’est comme si ce mot était commun et en même temps c’est comme si la collectivité donnait à ce mot un sens commun. Comme si le caractère général impliquait une origine collective, comme s’il y avait un accord sur le sens du mot, comme si la collectivité le cautionnait. Et s’il y a un accord sur le sens du mot, je ne peux guère m’y soustraire. J’aurais l’impression d’avoir tout le monde contre moi alors que je veux être avec tout le monde. Je suis dans la même case que tout le monde. J’en fais mon monde. Et je juge durement ceux qui ne sont pas dans la case, moi itou si je fais défaut.. Toute personne qui me lance ce mot a l’impression et me donne l’impression d’être la voix de la collectivité. C’est la pression que l’on ressent. La peur que l’on ressent si on ne s’y plie pas. La culpabilité que l’on ressent. L’histoire que l’on se raconte après être passé par là.

Mais non ! Il n’y a pas de sens commun de la fraternité, il n’y a que le sens que chacun donne à cette notion..Être dans la même case que d’autres, et vouloir la décalquer sur soi, c’est caresser l’espoir de se fondre ensemble. On suppose que les autres seront semblables à soi en se décalquant aussi. Ce qui n’est justement pas le cas. Les décalcomanies donneront des résultats différents parce qu’en fait, on n’est pas dans la même case. Chacun est dans une case différente.J‘ai compris que ma façon de me penser en rapport à la fraternité n’est pas celle que les autres ont de me penser et de se penser en rapport à la fraternité. Je ne suis pas dans la même case. On ne se raconte pas la même histoire. (Ce qui nous conduit à penser que les gens susceptibles sont des gens qui sont très soucieux de coller aux valeurs sociales. )

A quoi ça sert que je me raconte mon histoire si les autres l’ignorent, à quoi ça sert de me façonner, de m’améliorer en fonction de l’histoire évolutive que je me raconte, si le résultat ne plaira jamais aux autres ? Il ne plaira jamais aux autres parce que les autres ont une autre conception, une autre compréhension, une autre façon de voir les catégories en fonction desquelles on se pense, donc ils auront toujours une attente différente. Moi, ma personne, produit de mon histoire = zéro espoir de m’unir aux autres. ZERO ! Vous pareil.  

Il n’y aura jamais de réponse satisfaisante ou définitive dans la pensée. Pour le penseur pensé, c’est  : toujours-jamais. Toujours se penser, jamais trouver.

Maintenant je considère (considérez) toutes les catégories auxquelles je me réfère, auxquelles je rends des comptes, qui font pression pour exclure de ma conscience tout ce qui ne colle pas avec les buts qu’elles représentent, j’enlève tout ce qui se raconte à leur sujet, tout ce que la culture colporte à leur sujet pour ne considérer que ce que je sais , tout seul, sur elles. Résultat : rien ! Sans ce qui se dit sur la fraternité, je ne sais pas ce que c’est que la fraternité. Vous non plus ! Sans ce qui se dit sur l’espoir, je ne sais pas ce que c’est que l’espoir. Vous non plus !

Comment saurais-je que je ne suis pas fraternel si l’idée de fraternité ne projetait pas son faisceau maléfique sur ma conscience ? Alors je ne suis pas fraternel et je pense qu’il faut faire quelque chose ? Le libre-arbitre choisira des conduites différentes. C’est le schéma classique. De ce fait, l’idée de quelqu’un qui est responsable voire coupable et doit faire quelque chose est renforcée. La personne-moi est renforcée. Elle n’existait pas mais elle vient à l’existence du fait qu’elle a maintenant un sens.

Le manque de fraternité n’est qu’un exemple parmi des centaines. La personne n’en pouvait plus d’être ainsi accusée à tort pour d’innombrables raisons et de courir après des mirages. On ne se rend pas compte à quel point on est constamment sous la coupe de ces catégories -buts pour l’être, et combien à cause d’elles on n’est pas libre d’être ce que l’on est vraiment mais prisonnier du personnage de leur création. (Pas étonnant que les jeunes aiment les jeux-video..à quoi ça vous fait penser? Et cette violence, vous trouvez cela bizarre ?)

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Il y a de très très fortes chances pour que mes peines, mes tourments, mes angoisses, mes sentiments de culpabilité viennent des innombrables défis impossibles que je m’étais fixés, des innombrables buts que j’avais embrassés. Je pouvais même voir les autres sous cet angle : sous l’angle de catégories morales, métaphysiques, spirituelles, psychologiques. 

Mon histoire. Ce n’est que la mienne. La mienne ? Quelle mienne ? Ce n’est même pas ma pensée, je ne la fais pas. Ce n’est pas moi qui la pense. Ce sont tout simplement des modes de vie en société que l’on m’a inculqués, avec lesquels j’ai été programmé, c’est un ciment dans lequel j’ai été coulé,

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et les pensées rendent compte automatiquement de tout cela sans que j’y sois pour rien. . Et la personne-libre-arbitre sollicité – à laquelle elles donnent un sens, n’est pas moi non plus. Donc personne n’est concerné.

Non seulement les catégories-buts pour l’être sont des utopies, mais on a tous des idées différentes de ces utopies. Impossible de s’entendre sur les histoires que l’on se raconte. Comment voulez-vous que l’histoire de vous que vous vous racontez (rapport du libre-arbitre à ces catégories : j’ai pas bien agi par rapport à celle-ci, j’ai été pas mal par rapport à celle-là) soit la même que celle que les autres se racontent sur vous. ? Personne ne part des mêmes catégories. Ces réminiscences n’ont aucun sens, les autres ne parlent que de leur propre idée de ces catégories. La personne ou le libre-arbitre concerné par ces réminiscences n’a aucun sens : les autres ne parlent que d’une personne dont ils sont les seuls à se raconter l’histoire. Cesser de vivre par procuration, c’est cesser de vivre selon le mental.

Je ne suis pas content : je n’aime pas cette personne, je ne me suis pas montré à la hauteur, je m’ennuie, j’ai des pensées qui me poursuivent, j’attendais un coup de fil, il y a du désaccord dans l’air, je me sens morose ce que je fais n’est pas bien etc …tout cela ne devrait pas exister quand je pense aux buts que je voulais atteindre. C’est décevant. Cela ne change pas, je vais encore pouvoir me raconter mon histoire et raconter mon histoire aux autres. Et certains sembleront avoir tout compris.

Je suis content : si j’éprouve tout cela, c’est parce qu’il y a quelqu’un pour éprouver tout cela. Les catégories ne produiraient aucun effet si une vie n’était pas là pour être agitée, secouée. C’est mon existence qui se manifeste Tout stimule cette sensibilité, même les pensées. Et c’est ainsi. Et ma foi tout cela crée beaucoup d’animation. Et surtout, cette animation et ces ressentis n’ont de compte à rendre à personne ! Ils ne concernent personne. Le ce qui devrait être peut disparaître ou changer, cela ne change rien Chaque état de conscience ignore ce qui va suivre et pourquoi tout cela arrive. Chaque chose existe sans raisons tirées de mes connaissances ou de ma culture. Je suis très content de ne rien savoir.

Que deviendrait l’oncle Tom sans sa case ?

Que deviendrait le devoir de fraternité si on ne pouvait pas mettre le destinataire de ce devoir dans un cadre préalablement défini par la société et si on ne projetait pas sur lui une image culturellement conditionnée ?

Diriez-vous : je me sens mieux, j’ai retrouvé mon optimisme et ma confiance en moi-même, je suis plus détendu etc si toutes ces idées ne couraient pas déjà les rues depuis longtemps, si vous ne les aviez pas intériorisées, si elles ne vous servaient pas à vous penser, et si vous n’espériez pas ainsi rejoindre une communauté d’esprit, une case commune ? On est bien, hein, Tintin !

Comment sauriez-vous que vous êtes heureux, libéré, éveillé, généreux, altruiste, sage, empathique etc si ces représentations n’étaient pas déjà présentes au fond de votre esprit déposées par votre conditionnement, et si elles ne vous le disaient pas ?

Que deviendrait ce trou du cul de Jésus s’il avait affaire à des individualistes absolument pas intéressés par des valeurs en circulation ou par l’instauration d’un type de société ? Il pourrait toujours parler d’amour, d’offrande, de croix, de centre ou d’ego comme dit l’autre, c’est à dire renvoyer à des idées convenues, cela ne servirait à rien.

Il n’est plus question d’honorer ce genre de catégories-buts pour l’être. Elles ont deux effets : d’abord elles conditionnent totalement la façon que nous avons de voir le monde et la vie, ensuite elles génèrent une idées de soi qui fait notre malheur. Pas besoin de buts pour l’être.

« I want to be free » chantait Elvis PRESLEY. Si on cherche la liberté ou la libération, peut-être que l’on cherche la non-libération. On peut se réjouir, on l’a déjà trouvée en tant que sentiment. La non-libération par rapport aux idées sur la libération qui circulent. La non-libération par rapport aux pensées que l’on a sur la libération en général. La non-libération par rapport à la personne que ces idées et pensées secrètent. Cette non-libération-là, on l’a déjà trouvée. On vit dedans.

Fragilité  :  https://youtu.be/Ha5XepY9y94?t=759 

C’est plutôt la fin de la croyance : je peux trouver cette libération.

«  Au-delà de la pensée, il n’y a pas de but. Quand nous ne nous référons pas à des pensées, il n’y a pas de réalisation «  (Unmani Lisa HYDE)

Qui suis-je en dehors de toute idée de moi-même ? Je ne sais pas. .Il n’y a aucune catégorie, aucun concept, aucune raison, aucune idée générale dont puisse se servir le non-savoir de la conscience.

 

 

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