LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

1 mars, 2017

LE JARDIN SECRET

Classé dans : Moeurs — inconnaissance @ 14:06

Le jardin secret est un endroit qu’on est le seul à connaître. Non seulement les autres ne le connaissent pas, mais ils ne savent même pas qu’il existe. C’est un endroit qu’on est le seul à aimer de cette façon, d’une façon que les autres ignorent, ils ne peuvent pas nous dire comment ou pourquoi il faut l’aimer.

On n’a aucune justification à fournir puisque ce jardin est privatif, il n’existe que pour nous, il ne sert qu’à nous.

On est invité, conduit ou entraîné à aimer ce que les autres aiment. C’est très important. Ce que nous aimons est notre identité au sens où nous nous reconnaissons dans ce que nous aimons, nous faisons un avec ce que nous aimons, nous nous réclamons de ce que nous aimons, nous nous présentons ainsi. Si par mimétisme, conformisme nous nous sommes mis à aimer une chose que la société a présentée comme très importante, que la société tient à ce que nous adoptions, on peut dire qu’elle a parfaitement réussi son coup. Si on s’est mis a aimer une personne, une activité ou une idée qu’elle a auréolée de toutes les qualités – à force de propagande – elle a réussi à nous faire entrer dans la « fanosphère ». elle a réussi à constituer une armée d’imbéciles, un troupeau qu’elle fait bêler à volonté.

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Aimer ce que les autres nous ont appris à aimer, c’est donc avoir l’identité qu’ils souhaitent. C’est partager une même identité, ou communier dans un même amour (ou une même haine) , comme dans certains partis politiques ou religieux.  Clonage.

Être cloné, c‘est avoir le souci constant de conformer notre amour à celui des autres, c’est régler notre amour sur l’amour des autres. C‘est offrir aux autres tous les les moyens et le droit de contrôler nos sentiments. C’est exister de cette manière et avoir l’impression de ne plus exister si on est différent. Cette recherche de promiscuité sentimentale ou de fusion identitaire se manifeste de deux manières, séparément et/ou conjointement. On essaie de convaincre les autres d’aimer la même chose que nous, et d’éprouver les mêmes sentiments (ou inversement le autres essaient etc) ou on cherche la compagnie des autres pour pouvoir adopter leurs sentiments .

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Le pouvoir que les autres ont sur nous grâce à la connaissance de nos sentiments pour ce que nous devons ou pouvons aimer ou sommes censés aimer, est très souvent utilisé à notre détriment. Ces objets d’amour sont des images du Bien. Ce n’est pas la preuve, la démonstration, l’effet sur les personnes qui font le Bien, c’est un jugement collectif, un amour collectif. On peut être certain que dans ces conditions notre conduite est complètement conditionnée.

Cet amour partagé ressemble à un contrat implicite au nom duquel l’autre serait en droit de nous faire des reproches quand on ne le respecte pas. La plupart du temps, on se plaint, non pas au nom d’un préjudice que l’autre nous aurait effectivement causé, mais au nom d’un pacte, d’un principe, d’un devoir qui n’aurait pas été satisfait. La personne qui se plaint représente le sentiment collectif exigé de tous. Elle agit en clone. Qui ne s’est pas un jour trouvé embarrassé devant ce type de conduite très courante ? D’un côté, on sent bien que les plaintes ont quelque chose d’artificiel, de faux, et de l’autre, on n’est pas indemne de cette participation aux sentiments collectifs. Et comme on a tous envie d’aimer et d’être aimé…C’est encore plus flagrant quand on se trouve en face de quelqu’un qui nous sollicite pour une bonne cause quelconque. (Pensez que les journalistes sont payés pour nous rebattre les oreilles avec une propagande en faveur de tel produit , de telle décision ou de telle opinion, produit, décision ou opinion qui se révéleront peut-être nocifs ensuite)

On nous tient plus ou moins, on fait doucement pression sur nous en invoquant tout ce qui suscite des sentiments collectifs. Ce sont les expressions coutumières des mœurs. Moeurs, c’est l’autre nom des sentiments et des croyances collectifs. Moeurs mon amour ! Les jugements de valeur qui défilent en permanence dans les médias ou qu’on manie à longueur de temps dans les conversations sont destinés à susciter, réveiller, alimenter des sentiments et des émotions collectifs.

On peut appeler cela aussi : être possessif. Qu’est-ce d’autre  si l’ expansion de soi qui vise à annexer l’autre suscite déception et mauvaise humeur quand elle est rejetée ?

Voici l’enjeu. Soit on considère que la communauté d’esprit ou de sentiment existe ou peut exister, soit on considère qu’elle n’existe pas et ne peut exister. Dans le premier cas – si ce sentiment ou esprit collectif n’est pas un mirage - on peut consacrer sa vie à faire naître cette communauté, à oeuvrer en faveur de cette communauté, à se référer à cette communauté, à servir cette communauté, à être fidèle à cette communauté. On sera peut-être clone en chef.

Dans le christianisme et l’islam, cette possibilité d’existence est fondamentale. L’idée d’un Dieu unique qui serait la Vérité unique l’exige. Il s’agit de faire un avec Lui ou avec son message.

Dans ce cadre, il faut toujours se placer du point de vue du collectif (du jugement, du désir, du sentiment collectifs) pour raisonner et se déterminer ; Ce sera ce que veulent, ressentent, les autres. (« je pense à toi tu penses à moi » ) Le devoir de charité, d’hospitalité ou de compassion -tous unis avec lui – ne serait rien, ne fonctionnerait pas s’il ne reposait pas sur l’identité d’esprit ou de sentiment. Il cesserait si on pouvait retourner les autres comme on retourne un gant de façon à ce que l’intérieur soit à l’extérieur, et réciproquement, et que l’on s’apercevait qu’on n’a aucun point commun avec eux.

Fonctionner, penser vivre sur cette base, on devrait savoir ce que c’est. C’est assez répandu. Plus on a été élevé dans cette croyance en une communauté d’esprit et de sentiments, plus on est sensible, plus on aspire à être aimé et reconnu par la collectivité et plus on calque notre vie sur elle Et plus ce besoin, cette dépendance sont grands, plus cela aggrave notre besoin d’amour. Cercle vicieux.

La vie est une sensation. L’amour est une sensation.

C’est folie de croire qu’il puisse exister dans la conscience quelque chose qui soit totalement indépendant de l’organisme, totalement incorporel, qui n’ait aucun effet ou impact sur le corps ; On admet qu’il existe des sensations physiques, on constate que les émotions, les sentiments, les désirs sont ressentis, on admet aussi que les perceptions (les messages des cinq sens) passent par le corps, mais on pense peut-être que les pensées, les images mentales sont indépendantes du corps. Les sortes de sensations qu’elles provoquent sont plus subtiles, plus vagues, plus diffuses, mais elles existent bel et bien pour la simple raison que l’on imagine vivre dans le contexte, la situation que ces pensées et images supposent. Pour être complètement indemne de leurs effets, il faudrait être totalement dépourvu de toute imagination. Mais alors dans ce cas, que nous resterait-il de pensées et surtout d’images ? Il resterait la pure intellection, comme dans un ordinateur.

Toutes ces sensations se déposent au fond de l’esprit, les plus profondes et durables forment le fond de la conscience (comme la sensation de la gravitation) Elle constituent le climat, le goût général de notre existence. La sensitivité (en amont des pensées) et la sensibilité ( effet sur soi de l’imagination) en sont la cause.

Avec cette propension à vivre collectif, on en arrive facilement à croire que le fond de conscience d’autrui est semblable ou peut être semblable au nôtre, on en arrive à croire que nos problématiques et notre vision du monde sont semblables à celles des autres, on en arrive à croire que nos facultés, ressources, dispositions sont semblables à celles des autres. On en arrive même à croire que nos croyances devraient être celles des autres. Il faut bien donner un contenu à ce sentiment et cet esprit collectif. N’est-ce pas. D’où la facilité avec laquelle on fait des plans sur la comète, on fait d’autrui un objet de pensée, on pense éprouver ce qu’autrui éprouve.

Mais que nous fait la peine venant d’un besoin non pourvu chez l’autre si nous ignorons ce besoin et la peine qui en découle. Par exemple un désir de richesse, une crise de foi. Quelle compassion, quelle empathie à la vue d’une peine que nous ne pouvons pas éprouver ?

Qu’est-ce que c’est que ces sentiments qui doivent tout à l’opinion générale et qui entraînent des jalousies, des rivalités et des frustrations sur la seule base de cette opinion et non pas sur la base d’un besoin personnel indépendant de l’opinion. (si je déteste la montagne, je ne serai pas jaloux de quelqu’un qui y a un chalet, les séjours à la montagne dans un chalet fussent-ils l’objet d’une grosse publicité et d’un grand prestige dans la population. C’est pareil pour des idées ou des valeurs dont je n’aurais que faire. Ce que pensent les autres à leur sujet, l’amour des autres pour eux n’ont aucun effet sur moi.

En politique, on peut se laisser aller à adopter le point de vue de nos élites sur la France, comme quoi ce serait une « idée », une sorte de variable. Et dans ce cas, aucun inconvénient à faire de cette idée ( plus ou moins philosophique) ou variable ce qu’on veut. Mais si la France, ce sont les Français, tout ce qui nuit à la France nuit aux Français. Et s’attaquer à elle c’est s’attaquer à chaque citoyen et à ses droits exclusifs de citoyen, à chaque travailleur, à chaque consommateur, à chaque contribuable. Elles sont les ennemies de chaque « citoyen ». (La question qui se pose au sujet de nos élites n’est pas seulement de ce qu’elles ont fait de l’argent qu’elles ont gagné, de l’endroit – peut-être secret, elles savent y faire – où elles l’ont placé, mais de ce qu’elles payent comme impôts, de ce qu’elles consomment, de ceux pour qui elles travaillent)

La charité institutionnalisée. Les Français payent pour ces prestigieuses écoles d’ingénieurs. Mais si l’industrie disparaît en France, ces excellents ingénieurs iront travailler pour des entreprises étrangères contre la France. Les Français payent pour que des entreprises installées en France puissent se développer. Mais ils payent aussi l’UE qui va donner les moyens financiers à des pays étrangers de faire venir ces mêmes entreprises chez eux.  Les Français payent pour que des pays africains aient des subventions de la France. Mais ces mêmes pays refusent de reprendre leurs ressortissants que l’on veut expulser parce qu’ils nous posent de nombreux problèmes.

L‘inné, les prédispositions, la conformation psychique, l’histoire de chacun sont différents et le substrat des conscience est différent. Il n’y a pas seulement des lectures différente d’un livre comme on se plaisait à le dire, il y a un vécu différent de chaque événement, cet événement fut-il le même ; Quelle vaste fumisterie que toutes ces idéologies, ces systèmes politiques ou religieux ! Quoi ? Il y a des fumistes qui prétendent fournir la vérité sur ce qu’il faut penser d’un événement  et l’imposer à tout le monde ? ! Peut-il exister une vérité de ce qu’il faut penser indépendante de l’expérience ou du sentiment de chacun ? Les faits ? Attention ! A partir de quand un pur fait devient-il une idée du fait ?

« Qu’en pensez-vous ? » nous demande-t-on parfois. Attention, si cette question est posée, par exemple, par un odieux connard de journaliste, tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous, pourra être déformé, exploité, intégré dans une propagande contraire à vos idées.

Si on suspend une seconde -et plus- notre désir de faire partie de la collectivité, de lui plaire, de lui ressembler, c’est à dire si on suspend notre sensibilité à la chose collective, si on suspend notre amour du collectif, notre amour pour tout ce qui fait collectif, pour tout ce qui n’a pas d’autre raison d’être et fondement que de faire collectif, que se passe-t-il  ? Un jardin secret, inviolable, peut exister -Existence – et grandir.

Les sensations, celles issues des sens et de l’intériorité, n’ont pas comme caractéristique d’aspirer à la communauté. Les créations de l’esprit seules peuvent avoir cette caractéristique. Face A : elles sont le monde collectif, elles sont les autres. Dialectique. Face B, en tant que phénomènes psychiques passagers et sources de sensations, elles nous appartiennent en propre. Les répulsions, haines, envies, amours, fantasmes, peurs, etc sont notre jardin secret. (au même titre par exemple – comme on en parlait autrefois – qu’un mot d’enfant non répertorié que personne ne connaîtrait)

Le jardin secret ignore l’effusion. On n’a pas de comptes à rendre, de renseignements à donner concernant des faits ou des activités qui ne sont en rien destinés à la collectivité. Un jardin secret fonctionnant sur la base de ce qui se suffit à lui-même, échappant à tout regard ou jugement extérieur ne peut que se situer en dehors de cette communauté.

https://youtu.be/Qc3GU1RPx_8?t=864

Si on veut prendre ce principe au sérieux, la question devient : jusqu’où va l’ignorance de ce qui plaît aux autres ? Quid des contrariétés, des indifférences qui apparaîtraient, quid des désaccords, des reproches que l’on nous ferait , quid des problèmes que les autres auraient etc ?

A quoi sert de faire de longues études pour essayer de donner un sens à certains événements historiques, de prétendre en tirer les conséquences, – elles seront forcément réfutées par d’autres – afin d’en arriver à la conclusion de la décadence et de la fin prochaine de notre civilisation. Chacun sait que lorsqu’il y a rivalité, affrontement entre deux personnes, c’est le plus fort, le plus réaliste qui gagne. Il en est de même avec les civilisations nouvellement en confrontation, si une civilisation décline , c’est parce que son mode de penser, ses priorités, sa mentalité sont dépassés et inefficaces. (comme serait désuète une éducation que l’on donnerait à un enfant) Il faut donc changer de paradigme et refuser de disparaître ; Pourquoi serait-ce impossible ? Les faits nous y poussent, l’exemple des civilisations plus performantes ou plus heureuses nous inspire. Celle-ci nous tourmente. Et d’ailleurs cela risque de mal tourner. La pulsion de mort, c’est un désir de destruction, une haine profonde, une envie d’anéantissement ; Elle ne peut être dirigée contre soi indéfiniment parce qu’on serait toujours plus coupables – voir l’autre zinzin, alors que ce sont des gens de son espèce qui ont voulu créer des colonies pour y faire des affaires, pas mon père, ni mon grand-père, ni mon arrière grand-père….ça promet !) plus anormaux -voir toutes les campagnes – plus harcelés, plus méprisés par des « sachant » plus ou moins corrompus. Quelqu’un peut venir qui déclenchera ce retournement et enflammera le peuple, soit volontairement, soit involontairement en ajoutant la goutte de trop..

Bouge pas, mœurs, ressuscite.

 

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