LES CHEMINS DE L'INCONNAISSANCE

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13 novembre, 2011

TURLUTUTU CHAPEAU POINTU, 2

Classé dans : Homme — inconnaissance @ 17:49

Ainsi, en étant attentif, on peut s’apercevoir que si on se fait des reproches, si on ne se sent pas comme il faut etc c’est parce que l’on se compare à une idée. Une idée est présente dans l’esprit et agit. (on devrait être comme ci, on n’aurait pas dû être comme ça ,par rapport à … etc) C’est une idée à laquelle on accorde de la valeur. Cette idée, est une idée de l’Homme ou d’Homme. C’est à dire un modèle général d’homme.

Pourquoi cette valeur ? D’où vient-elle ? Sommes-nous libres de donner cette valeur ou nous tombe-t-elle dessus ? Elle s’impose à nous.  De plus, pourquoi devrions-nous, nous les vivants, nous les conscients, nous les aimants, nous les réels, nous soumettre à une idée, une idée générale, abstraite, socio-culturelle, d’homme ? Pourquoi une idée de l’Homme fait-elle la loi chez nous ?

Pire, pourquoi pensons-nous que la même idée de l’homme doit faire la loi chez tous les êtres ? Et comment en arrivons-nous à croire que c’est notre idée de l’Homme qui doit faire la loi chez tous les êtres (notre idée ou l’idée de notre maître ou dieu favori ou l’idée que l’on nous a transmise. Transmettre : contraindre à révérer et copier des gens du passé)

Sans cette comparaison incessante à une idée, chérie mais générale, socio-culturelle, de l’Homme, sans comparaison, qui sommes-nous ?

Qu’est-ce que l’Homme ? L’Homme existe-t-il ? Une humanité commune à tous les êtres existe-t-elle ? On ne peut affirmer que l’Homme existe sans lui donner un sens (le connaître), sans en avoir une conception. (On ne peut affirmer qu’un être que l’on ne connaît pas existe). Mais alors on est bien incapable de trouver cette conception de l’humanité chez tous les hommes, de prouver son existence. Ce n’est que l’idée qu’elle existe.

Que répondre à quelqu’un qui affirme : turlututu chapeau pointu, votre Homme n’existe pas, il n’y a que des individus différents. Pour le contredire, il faudrait prouver que votre réalité spirituelle, psychologique est présente chez tous les hommes, que le mot a un référent réel et n’a pas simplement un sens traditionnel, culturel.

La pensée est extraordinaire.

Les mots, concepts, idées à propos de l’Homme s’adressent à tous les hommes (parce que chaque mot est vu comme commun), leur assignent un rôle, une forme d’être. Ils les déterminent. Ils en font un objet de pensée. Le destinataire de « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur etc » est déterminé par ce propos (à être comme ci, faire comme ça). Tout le monde est destinataire et tout le monde est défini de la même manière par cette même idée. Je suis, vous êtes, ils sont prévus ainsi.

Mais si on adhère à cette idée, si on l’embrasse, si on l’épouse, on s’en fait aussi le penseur, presque l’auteur. Comme si c’était nous qui l’avions pensée, comme si c’était nous qui lui avions donné de la valeur. Ce qui fait que nous serions à la fois, en même temps, le pensé et le penseur. Le penseur de la catégorie, de la secte de ceux qui croient en cette idée et le pensé (de série) de cette même catégorie. (Je me tiens par la barbichette…!)

Se saisir soi-même comme se saisir la taille ou se regarder dans la glace, il faut bien le vouloir, être motivé pour le faire. Pourquoi faire de soi un sujet de pensée ? Enfin ..!!! Pourquoi cette propension à se penser ? Elle n’est pas naturelle. Elle est même bizarre !

C’est le désir de l’autre que nous nous produisions selon un savoir. La grande affaire, le grand courant collectifs, l’objectif suprême, c’est de savoir et surtout : se savoir. La pression est forte : il faut témoigner du savoir auquel on se réfère et qu’il ne soit pas trop insolite, de préférence. Mais surtout : se savoir. Sa propre vie, sa propre identité deviennent un savoir. Le but est de donner à la vie, à sa vie un sens (que l’on sait). Dans l’expression « donner un sens à sa vie », le mot le plus important est sans doute : « donner » et le point le plus important est d’avoir un sens auquel on se réfère.

Se maîtriser, se saisir, se produire est un devoir, et ce devoir est le vrai sens de la vie. C’est bien pourquoi notre raison d’être est de nous trouver une raison d’être.

Cette mobilisation en faveur du sujet du sens, est le centre d’intérêt, l’enjeu principal de la société. On a adhéré, de plus ou moins bonne grâce à des idées qui nous y incitaient, parce qu’on ne pouvait rejeter la personne qui les promouvait et nous y incitait et parce que ces idées et ce désir représentaient la personne, parce qu’on ne pouvait repousser les sentiments que cette personne mettait dans ses idées et son désir et que l’on confondait ces sentiments, ce désir, avec cette personne, parce que tout le monde ou beaucoup de gens adhéraient à ces idées, nous incitaient à nous saisir.

Sujet du sens ?

Nous ne nous pensons pas, nous, personnellement, nous ne pensons pas notre singularité. Car nous nous ignorons complètement. Soi est un homme, et homme est un concept et un enjeu commun, universel. Vous croyiez vous penser, mais non, vous pensez l’homme, un concept général. Dissertation ! Nous pensons l’homme (général) en nous ; nous ne pensons pas l’autre, nous pensons l’homme en l’autre parce que la pensée est la pensée conditionnée de l’Homme traditionnel et culturel et non la pensée partant d’une réalité. Oté ce mot, Homme et tout ce qu’il implique, qui sommes-nous ?

Pourquoi se penserait-on si on n’avait rien à voir avec un concept, si on ne croyait pas être de l’ordre ou de la nature d’un concept, si on ne voulait pas, mordicus, s’identifier à un concept et fonctionner comme un concept ? Si on n’était pas un concept ? La pensée ne connaît que les concepts.

On connaît l’histoire : PLATON ayant défini l’homme un animal bipède et sans plumes, et l’auditoire ayant approuvé, DIOGENE apporta dans son école un coq plumé et dit : « voilà l »Homme selon PLATON « Les conceptions de l’Homme, dans les citations de l’article précédent, ne sont pas plus sérieuses. C’est toujours une théorie fumeuse (et dangereuse)

Paul VALERY écrivait : « Tout ce qu’on dit de nous est faux, mais pas plus faux que ce que nous en pensons. » Evidemment, tout ce que les autres disent, tout ce qu’on pense, c’est à propos d’un concept, pas de nous.

Et c’est ainsi que les « autorités » morales, spirituelles, psychologiques, socio-politiques prolifèrent et prospèrent. Tous ces gens-là sont très attachés à leur système de pensée. Leur maladie, c’est de se prendre pour des références ou des référents. Il leur faut des ouailles.

Remarquons le grand quiproquo ou le grand malentendu savamment entretenu : l’objectif, l’idéal, le bien est-il individuel ou sociétal ? Est-ce mon bien ou le bien de tous ? Est-ce mon bien et le bien de tous ? De quoi s’agit-il ?

Quand on demande pourquoi ce serait un bien sociétal, qu’est-ce qui le prouve, on assure que c’est d’abord un bien individuel. Quand on rechigne à ce bien individuel, qu’on le discute, on dit que c’est un bien commun auquel on ne peut se refuser. Aimer Dieu, est-ce un bien individuel ou sociétal ? Coopérer, est-ce un bien individuel ou sociétal (tu seras gagnant) Dans le domaine religieux : les religions promettent une magnifique rétribution à chacun de leur fidèle tout en poursuivant le rêve d’un bien commun, universel.

Le sociétal devrait nous rapporter. L’individuel doit rapporter au sociétal. Mais c’est toujours une promesse, une croyance, un conte.

Se penser, penser à nous, on prend cela pour de l’egocentrisme, du narcissisme. On est entraîné à cela puis culpabilisé pour cela. En réalité, on aimerait beaucoup ne plus être un sujet de préoccupation, de réflexion pour soi-même.

On se (concept) pense, mais on ne se pense pas. Ce n’est pas nous qui nous pensons. Si c’était nous, nous pourrions arrêter de le faire sur le champ. En fait, on est son propre problème, son propre souci, mais on ne sait pas depuis quand et pourquoi ! !

La question « pourquoi » est la question qu’il ne faut pas poser. Quel que soit le sujet, la raison alléguée s’appuie sur une autre raison puis sur une autre raison..etc mais aucune n’est notre raison. C’est un fonctionnement dont le fondement nous échappe. C’est machinal. On restitue. On psittacise. N’est-il pas évidentissime que le savoir qui vient à l’esprit, que l’on sert, dont on se gausse, est parfaitement spontané, involontaire, conditionné ? Irresponsabilité.

La raison s’impose à nous. La valeur de la raison s’impose à nous. Notre conviction s’impose à nous.

Ainsi que le raconte, en substance, Greg GOODE : Quand est-ce que je me sens le plus moi-même ? Quand je décide. Malheureusement, cette décision est spontanée, elle n’est pas décidée par moi. Je ne décide pas de décider.

Comme on se sert de mots et que les mots sont valables pour tous les hommes, s’appliquent à tous les hommes, c’est à dire à l’Homme (référent culturel du mot), et comme l’Homme n’existe pas, il faut, soit fermer sa g., soit être bien conscient que l’on participe à un jeu, que l’on joue.

Quel que soit le genre d’idée à propos de l’homme, comme c’est une idée, il ne s’agit que de jouer un rôle, un personnage. Il ne peut en être autrement. C’est faire une grave erreur d’y chercher davantage. Que dire à ceux qui se prennent au sérieux, qui nous entreprennent sérieusement ?

Française, Français, l’homme est pleinement homme, tu aimeras le seigneur, la résilience c’est l’art de, l’artiste est, la civilisation, poser des interdits, l’objectif c’est la dynamique de vie, la charité est patiente, il faut coopérer, on n’appartient qu’à….et bla bla bla discutez et commentez et méditez et adhérez.. Turlututu chapeau pointu !.

Bla bla bla bla…dit l’éducateur pétri de sa mission, imbu de lui-même, qui voudrait faire croire qu’il assume personnellement ses propos. Turlututu chapeau pointu répond l’enfant. L’éducateur ne sait pas quoi répondre….il aimait tellement son rôle, ses bons sentiments. Il ne lui reste qu’à sévir.

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